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Un film de Burhan Qurbani (Allemagne)

"Shahada" Sortie en salles le 26 janvier 2011

Trois jeunes musulmans vivant à Berlin, tentent de concilier la pratique et le respect de la religion et le mode de vie occidental. Ismaël, un jeune policier, est tenté de quitter femme et enfant pour rejoindre la jeune clandestine dont il est amoureux. Sammi tente de résister à l’attirance qu’il éprouve pour Daniel, un jeune collègue allemand tenté par l’Islam.

Maryam, fille d’un Imam de quartier, enceinte à la suite d’une rencontre sans importance, a recours à l’avortement.
Burhan Qurbani, fils d’immigrés afghans ayant fui le territoire envahi en 1979 par l’Armée rouge, né en Allemagne en 1980, se défend d’avoir fait en réalisant "Shahada", un film sur la religion mais d’avoir traité de simples drames humains. Pourtant ses trois histoires entrecroisées posent nettement le problème du respect de l’Islam dans un pays d’adoption où les règles religieuses n’empiètent pas directement et de manière abusive sur les libertés individuelles.
Certains ont vu dans son récit un film anti-musulman et d’autres, au contraire, un film de propagande. Il est possible qu’il soit l’un et l’autre. Que les tentations d’enfreindre les règles en font un film anti-musulman et que le dénouement des trois histoires qui voit les différents protagonistes revenir dans le rang, en fasse un film de propagande.
Et quand le cinéaste prétend que leur choix final est un choix humain et non religieux, il est du coup, difficile de le suivre.
Un des atouts de "Shahada" est de s’être intéressé presque exclusivement à la jeune génération d’origine musulmane dont la croyance n’est pas statique, contrairement à leurs aînés plus enclins à la pratique aveugle des règles. La perception de la religion est différente selon qu’il s’agisse d’immigrés forts de leur culture et de leurs convictions ou à l’inverse de jeunes gens né et éduqués à l’étranger dont le réflexe est de s’adapter. Il leur faudra faire le tri, plus tard entre la tentation d’adopter les mœurs du pays d’adoption ou celui de rejoindre les règles de leur éducation. Il est bien possible qu’il n’y ait aucune passerelle possible, aucun moyen terme entre la société occidentale et les enseignements de l’Islam.
Le film de Burhan Qurbani pose, à partir de trois situations très différentes et exemplaires, de vraies questions sur les limites de la foi hors du carcan des convictions aveugles et de la rigidité des croyances religieuses. Il le fait avec un souplesse, une fluidité qui sert plutôt bien le sujet.
Francis Dubois

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