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« Shaker », Sophie Alour Plaisir de jouer.

Sophie Alour a commencé par étudier la clarinette pour se retrouver dans ce dernier opus – « Shaker » et ce titre correspond bien au contenu de l’album – au saxophone soprano et avoir appris le saxophone en autodidacte. Elle a voulu mélanger en agitant quelques-une de ses compositions passées comme s’il lui fallait faire le point. A son âge, cette sorte d’autobiographie ne peut s’effectuer que sur le ton – le son – de la plaisanterie comme l’indique son premier titre « Joke ». Tous les ingrédients d’un bon cocktail sont présents. L’orgue Hammond que Frédéric Nardin ne craint pas de faire sonner comme une église tordue par le rire de l’excès et par l’absence de résistance à la grandiloquence. Curieux instrument que celui-là qui, depuis Jimmy Smith, ne cesse de hanter un jazz près de ses origines gospelliennes. Certaines des compositions de Sophie reprises ici ont été enregistrées par Rhoda Scott, une manière de rendre hommage à cette musicienne un peu trop oubliée.

La joie de jouer – à la fois la musique mais aussi de jouer un rôle, de s’habiller en d’autres habits et prendre d’autres habitudes – est sensible. Joie aussi de se retrouver en trio, Frédéric Pasqua, déjà présent dans son album précédent « La géographie des rêves », à la batterie en est le troisième larron, comme en quintet par l’adjonction de Julien Alour au bugle et de Hugo Lippi, un vieux complice, à la guitare. Julie Saury, batteure subtile et puissante, vient construire un sextet pour le thème trituré jusqu’à la fin de sa vie par John Coltrane, « My favorite things » transformé en un thème sautillant pour éviter la répétition et dansant. Sophie Alour s’essaie à la flûte, un masque de plus pour renouer avec les origines de cette musique faite pour le corps et l’âme, « Body and Soul ». L’humour, la plaisanterie pour mettre à distance, faire réfléchir en agitant les corps pour revendiquer toute la mémoire du jazz. Ce faisant, elle fait preuve d’originalité.

Nicolas Béniès.

« Shaker », Sophie Alour, Naïve .

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