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Un film de Steve McQueen (Royaume Uni)

"Shame" Sortie en salles le 7 décembre 2011

Brandon est un trentenaire célibataire new-yorkais. Ses activités professionnelles prenantes ne parviennent pas à le détourner de son obsession dévorante pour le sexe.
Sa présence charismatique, son charme, provoquent le désir chez les femmes qui trouvent auprès de lui avec le plaisir, le subtil mélange de douceur et de violence qu’elles recherchent en même temps que le charme d’une relation éclair.
Lorsque débarque chez Brandon, sa sœur Sissy, chanteuse de cabaret un peu larguée, son existence désordonnée dans laquelle il a trouvé une sorte de stabilité, se trouve perturbée.

"Shame"
dresse avant tout le portrait d’un homme d’aujourd’hui dont le penchant pour le sexe n’apparaît jamais comme une déviation malsaine mais comme une brèche qui s’ouvre à lui et dans laquelle il s’engouffre avec un appétit insatiable.
Brandon est un séducteur du premier regard mais il répond le plus souvent aux avances de jeunes femmes elles-aussi libres, tentées par une expérience sexuelle forte et éphémère.
C’est un homme qui n’a rien de mauvais. Il n’est ni un voyeur, ni un violeur mais quelqu’un qui a conscience de son charme et qui en use à chaque fois que l’occasion qui se présente rejoint son désir.
Pris dans le tourbillon du plaisir, il ne sait pas encore qu’il n’est peut-être voué qu’à des étreintes passagères et que l’engagement à plus long terme, une réelle histoire d’amour, lui sont interdits, que le plaisir éphémère à tué la longévité.
"Hunger", la précédente réalisation de Steve McQueen montrait un homme engagé dans une grève de la faim et privé de toute liberté.
"Shame" est l’histoire d’un homme qui a toutes les libertés et dresse pour lui-même, dans l’illusion d’attirances continues, une forme d’enfermement plus subtile mais tout autant réelle.
Bien que le récit fonctionne sur la force du désir, sur le penchant de Brandon pour l’onanisme, le film est traité avec infiniment de pudeur, beaucoup d’élégance, et les scènes les plus dérangeantes sont sans doute les moins "frontales" du récit, celles qui ouvrent et ferment le film : Brandon, dans le métro new-yorkais croise le regard d’une jeune femme dont le visage d’ange contraste avec la force du désir qui l’habite. L’échange de leurs regards contient le désir mais également le plaisir à venir. Or, la jeune femme qui a peut-être connu le plaisir dans l’intensité des regards échangés se perd dans la foule.
La scène finale du film met face à face les mêmes deux protagonistes dans les mêmes circonstances. La force de l’échange est de la même intensité…
"Shame" bénéficie de la présence de deux comédiens remarquables Michael Fassbender qui était déjà dans "Hunger" et Carey Mullingam, magnifique de profondeur avec sa frimousse de poupée. Il y aussi New-York dont on sent, à la façon qu’a McQueen de la filmer, qu’elle est une ville du présent, bouillonnante, l’environnement idéal pour le personnage de Brandon. La ville de tous les possibles où tout est excessif.
Francis Dubois

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