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Un film de Ami Livne (Israël-France-Allemagne)

"Sharqiya" Sortie en salles le 7 novembre 2012.

Sharqiya est le nom que les bédouins donnent au vent d’est qu’ils considèrent comme mauvais et dangereux.

Kamel, un jeune Bédouin, est employé comme agent de sécurité à la gare routière de Be’er Sheva. Il vit avec son frère et sa belle-sœur dans un village aux habitations vétustes, illégal et perdu au milieu du désert.

Un jour, en rentrant du travail, Kamel apprend que les autorités ont ordonné la démolition du village.

Dès l’annonce de la destruction de ce qui représente leur seul bien, Khaled, le frère aîné, quitte son emploi. Il décide de rester au village pour repousser ceux qui viendraient les déloger.

Kamel, lui, continue à se rendre à son travail mais pendant qu’il abandonne la citerne au puits, le temps qu’elle se remplisse, celle-ci disparaît mystérieusement.

Faute d’eau, Khaled est obligé de vendre le troupeau de chèvres.

C’est un premier signe…

Une idée germe dans l’esprit de Kamel. Devenir un héros et de cette façon faire la lumière sur la situation des bédouins et intéresser l’opinion publique.

Mais le stratagème qu’il échafaude pour cela échoue et quelques jours plus tard, un convoi se présente au village. Kamel, Khaled et la jeune femme ont une demi-heure pour vider leur habitation.

Impuissants, ils assistent sans mot-dire à la démolition.

L’histoire de Kamel et de sa famille permet d’en apprendre davantage sur cette minorité bédouine vivant en Israël et sur le problème de ces villages situés dans le sud du pays qui n’ont aucune existence légitime au regard des autorités.


"Sharqiya" est le premier film israélien à traiter de la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les Bédouins d’Israël.

L’attribution de lopins de terre à la population bédouine se faisait à l’amiable et une poignée de mains tenait lieu de contrat. Aucun acte de propriété ne pouvait, le moment venu, prouver que les occupants en étaient les propriétaires.

Ce que vivent aujourd’hui les bédouins d’Israël est un vrai "Sharqiya". Les maisons où vivent 70 000 personnes sont démolies. Toutes les demandes de régularisation sont rejetées et lorsque les villages subsistent, ils n’ont ni eau, ni électricité.

"Sharqiya" rend compte de la situation sans être ni dans l’agressivité ni dans la revendication. Le film est à l’image de son personnage principal, Kamel, un homme résigné qui a intégré sa marginalité de citoyen entre deux appartenances.

C’est dans cette résignation et dans la cruauté de la situation, que Ami Livne puise toute l’efficacité de son propos.

Francis Dubois

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