Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Hiner Saleem (France)

"Si tu meurs, je te tue" Sortie en salles le 23 mars 2011

Récemment sorti de prison, Philippe a retrouvé un travail dans une entreprise de récupération et un logement chez Geneviève, une femme généreuse qui ne boude aucun des plaisirs de la vie.
Un jour de solitude, Philippe rencontre Avdal dans un bar. Il est kurde et il est à la poursuite d’un criminel irakien qui a peut-être quitté la France.
Les deux hommes se lient d’amitié et Philippe finit par héberger Avdal chez lui.
Avdal a le projet de vivre en France et d’y faire venir sa fiancée Siba, en attente d’un visa.
Mais le jeune homme meurt subitement d’une crise cardiaque et Philippe, seul référent, doit prendre en charge les obsèques. Il opte pour l’incinération. Or, l’incinération est niée par la religion. Entre temps, Siba qui a obtenu son visa arrive à Paris. N’ayant aucune nouvelle de son fiancé, isolée et désemparée, elle est recueillie par une fratrie de kurdes solidaires.
Il est difficile de déceler les intentions de Hiner Saleem tant il a multiplié les genres, et donné de pistes différentes à son récit. Est-ce une comédie comme il semble le dire, un film à résonance politique sur la communauté kurde de Paris, l’épanouissement et l’accès à l’autonomie d’une jeune femme en rupture avec les traditions ancestrales, un récit sur le télescopage de deux mondes, celui des immigrés à la recherche d’une identité, attachés à la religion et le nôtre exemple de l’émancipation occidentale ?
Philippe est un être mélancolique, solitaire, foncièrement généreux, qui ne se prête nullement à la comédie. Siba, la jeune femme kurde, en proie à un immense désarroi ne s’y prête pas plus. Pas plus que Cheto, le père d’Avdal, homme religieux, austère, défenseur farouche des traditions.
Faut-il pour dénicher quelques signes de comédie, se replier sur le personnage de Geneviève, la logeuse, à peine esquissé et qui a du mal à exister même si le scénario la présente incidemment comme une ex pianiste de talent. Reste la fratrie des kurdes, façon les Dalton, en constant désaccord les uns avec les autres, le leader avec le benêt, le benêt et le leader avec le fonceur ou le gaffeur à répétition.
La menace dérisoire contenue dans le titre,"Si tu meurs, je tue" est-elle douleur ou plaisanterie ? Encore une énigme mais ce qui saute aux yeux, c’est que, quel que soit le sujet qu’il ait voulu privilégier dans son récit, Hiner Saleem n’atteint jamais la force de ses intentions.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Bagdad Station »
    . Bagdad 2006, le jour de l’exécution de Saddam Hussein. Sara pénètre dans la gare centrale de Bagdad déterminée à commettre un attentat suicide au milieu de la foule. Mais c’est sans compter avec sa... Lire la suite (19 février)
  • « La chute de l’empire américain »
    Malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une société de livraison. Un jour, il assiste à un hold-up au cours duquel deux des trois malfaiteurs sont abattus,... Lire la suite (18 février)
  • « Les moissonneurs »
    En Afrique du Sud, Free State est le bastion d’une communauté blanche isolée, les Africaners. Au milieu d’une famille de riches éleveurs, catholiques fervents, profondément conservateurs où la force... Lire la suite (17 février)
  • « La liberté »
    Dans la plaine orientale corse, Casabianda est un centre de détention au sein d’un vaste domaine agricole. C’est une prison à ciel ouvert qui n’a rien à voir pour l’essentiel des conditions de vie... Lire la suite (17 février)
  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)