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Un film de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (Italie)

« Sicilian Ghost story » Sortie en salles le 13 juin 2018.

Habitant d’ un village sicilien, Giuseppe, un garçon de 13 ans disparaît subitement.
Toutes les éventualités sont envisagées, mais Luna, sa camarade de classe, écarte l’idée d’une disparition volontaire. Elle tente alors de rompre la loi du silence et, au péril de sa vie, de pénétrer le monde obscur où elle a très vite la certitude que son camarade est tenu prisonnier dans un lieu mystérieux dont un lac semble être la seule voie d’accès.

Tout en revisitant le mythe de Roméo et Juliette, « Sicilian ghost story » pénétre dans le monde impitoyable de la mafia.

Sicilian ghost story

Le film est inspiré d’un fait réel qui remonte à novembre 1993 au cours duquel Giuseppe Di Mattéo fils du mafieux repenti Santino Di Matteo est enlevé par de faux policiers dans le manège équestre qu’il fréquente. La promesse lui est faite qu’il pourra rencontrer son père qu’il n’a pas vu depuis des mois.

Dans la réalité, en enlevant l’enfant, la mafia espère que le père de Giuseppe cessera de collaborer avec la police et qu’il reviendra sur les témoignages compromettants qu’il lui a livrés.

L’enfant restera 779 jours entre les mains de ses geôliers mafieux qui le déplaceront d’une cachette à une autre à travers la Sicile, menotté, les yeux bandés.

Deux années plus tard Giuseppe qui n’est plus qu’une larve humaine sera étranglé et son corps sera dissous dans l’acide.

De ce fait divers qui a hanté leur conscience, associé au roman de Marco Mancassola « Un cavaliere bianco », Fabio Grassadonia et Antonio Piazza ont réalisé un film dans lequel, passé par l’imagination de Luna, la petite amoureuse, Giuseppe devient un cavalier imaginaire, une présence surnaturelle qui la protège.

Du choc entre la réalité et un niveau narratif fantastique naissent les éléments fondateurs pour une histoire de fantôme.

L’histoire bascule continuellement entre deux univers, celui de la réalité, la vérité anthropologique et historique des faits et celui du fantastique qui dans le contexte d’une histoire d’amour naissante, dévoile la possibilité du miracle de l’amour qui transcende la mort.

La protagoniste du conte est Luna alors que Giuseppe, plus ou moins imaginaire, est inspiré par le véritable Giuseppe di Matteo.

Toute l’histoire répond à l’exigence intérieure de Luna de retrouver et de sauver Giuseppe. Mais au fur et à mesure que l’histoire avance, on peut sortir de son imagination. Et Luna devient aussi le rêve de Giuseppe.

Une communication secrète entre les deux adolescents est rendue possible par l’intermédiaire de la lettre que Luna a donné à Giuseppe dans laquelle elle déclarait son amour, juste avant qu’ait lieu l’enlèvement.

Une communication qui va du conscient à l’inconscient et leur permet de se réunir dans une dimension qui dépasse celle des rêves.

Et c’est par son amour pour Giuseppe que Luna sauve sa propre humanité.

Toute la subtilité de ce récit à la fois poétique et captivant, réside dans sa virtuosité dont ont fait preuve les réalisateurs à mêler intimement le réel et le fantastique.

Francis Dubois

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