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Un film de Richie Mehta (Canada – Inde)

"Siddharth" Sortie en salles le 27 Août

Mahendra, un réparateur de fermetures éclair ambulant, sa femme et leurs deux enfants vivent pauvrement dans un quartier à la périphérie de Dehli.
Malendra pense qu’en envoyant son fils de 12 ans travailler à Mumbaï, il sera financièrement soulagé.
Mais au jour prévu de son retour, Siddharth n’est pas dans l’autocar. Il n’en descendra pas plus les jours suivants.
C’est alors que le père apprend que son fils a pu être enlevé par des trafiquants d’enfants.
Sans argent, sans aucun réseau de connaissances, face à une police inefficace, il décide de partir à la recherche de Siddharth, avec l’espoir qu’il le retrouvera sain et sauf…

C’est en 2010, à la suite de sa rencontre avec un homme qui était à la recherche de son fils mystérieusement disparu, que Richie Mehta a eu l’idée de faire un film qui reprendrait ce qui caractérisait ce père complètement démuni face à la situation où il se trouvait.
La police lui demandait une photo de son fils mais ni lui ni sa femme n’avait jamais pris une photo de leur vie. On lui demandait l’orthographe exacte de son nom, il en était incapable.
Compte tenu de ces carences qui en faisaient un être complètement inadapté au monde contemporain, face à une police peu soucieuse d’efficacité, dans une société pervertie où des trafiquants d’enfants les enlèvent dans le but de les livrer soit au tourisme sexuel, soit à un réseau de mendicité après les avoir mutilés, cet homme attendait de reconnaître son fils au détour d’une rue.

L’extrême pauvreté induit les situations dramatiques et interdit d’y remédier. Il ne reste plus à l’individu socialement défavorisé que sa dignité, le recours à la fatalité et de s’en remettre à Dieu.
Dans le film, le père qui se sent responsable de la disparition de son fils puisque la loi interdit le travail des jeunes enfants et qu’en l’envoyant travailler dans une autre ville pour des raisons économiques, il a enfreint le règlement.
Il fera tout pour réparer sa faute et retrouver son fils. Il ira même au-delà de ses possibilités en empruntant un argent qu’il lui sera difficile de rembourser.
C’est le grand père à qui il finira par annoncer la disparition de son petit fils qui l’éclairera sur ce qu’il a de mieux à faire, rentrer chez lui, s’occuper de sa femme et de sa fille et pour le reste s’en remettre à Dieu.
"Retourne chez toi et fais-en un autre" lui aura auparavant conseillé un homme à qui il aura raconté la disparition de son fils.

Sur un sujet dramatique, Richie Metha a réalisé un film rude dont les images suivent au plus près la trame du récit.
Il y décrit, sans jamais s’apitoyer, une situation extrême que l’état des choses rend banale, la douleur d’êtres qui, malgré l’état de résignation auquel les soumet une grande misère, refusent de s’en remettre au fatalisme.
Une œuvre d’une grande sobriété.

Francis Dubois.

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