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Un film de Ruben Östlund (Suède - Danemark - France - Norvège).

"Snowtherapy" Sortie en salles le 28 janvier 2015.

Tomas, Edda, un couple suédois et leurs deux jeunes enfants s’apprêtent à passer une semaine de vacances idyllique dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises.

Ils sont sportifs, beaux, pleins d’amour et d’énergie et le soleil brille sur des pistes parfaites.

Mais un incident survient qui, en l’espace de quelques secondes, va venir ternir leur bonheur.

Lors d’une avalanche qui a failli engloutir la terrasse où la famille se restaurait, Tomas a fui au lieu de tenter de protéger femme et enfants.

La fuite de son mari en solitaire face au danger, Edda tente de l’effacer de sa mémoire mais les traces de l’incident s’avèrent tenaces.

Et même si la réalité reprend son cours, s’il n’y a aucun dommage visible, l’univers familial se retrouve ébranlé.

Quel événement pourrait survenir pour que la sérénité vienne à bout du doute qui ne quitte pas Edda, l’image obsédante de la lâcheté de son époux ?

Cinéma : Snowtherapy

Comment l’être humain peut-il réagir dans des situations soudaines et inattendues comme une catastrophe ?

L’idée maîtresse dont s’est emparé Ruben Östlund donne lieu à un récit qui fluctue avec virtuosité entre des situations tour à tour drôles et pathétiques.

L’incident de l’avalanche pourrait rester mineur puisqu’il n’a provoqué aucun dégât. Edda pourrait, pour oublier, s’appuyer sur le fait que Tomas nie avec des accents de sincérité la version de sa fuite, pour enterrer l’histoire.

Mais au lieu d’éviter d’y revenir, la voilà qui, devant un couple d’étrangers, reprend sa version de l’incident avec une profusion de détails, et cette fois, à l’appui, le film qui a été pris au moment de l’avalanche par un téléphone portable qui confirme la fuite de Tomas.

Edda qui était adepte des activités sportives communes prend de la distance par rapport à ses enfants et à son mari. Elle décide d’aller skier seule. Elle devient lointaine, toute entière livrée à des images obsédantes.

Le couple qu’elle formait avec Tomas était-il aussi solide qu’il avait l’air de l’être puisqu’un incident de parcours est en train de le mettre en péril ?

La ténacité de Ruben Östlund à traiter son sujet sans relâche finit par rendre le récit oppressant et l’obsession d’Edda, communicative.

Dès lors, le comportement des enfants devient préoccupant comme celui du couple voisin pris à témoin par Edda et qui, sollicité, tente à brûle pourpoint de dédramatiser la situation.

L’immensité de paysages de montagne prend des airs de menace ordinaire et la simple présence d’un factotum grillant une cigarette devient suspecte.

Les qualités du film portent sur la dimension dramatique du sujet que vient nuancer, un humour dont il ne se départit pas et la scène finale qui vient à la fois en complément et en rupture, donne au récit une nouvelle dimension.

Francis Dubois

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