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Un film de Clara et Laura Laperrousaz (France)

« Soleil battant » Sortie en salles le 13 décembre 2017.

Gabriel et Iris, un couple de trentenaires, sont retournés dans la maison familiale au Portugal où ils ont vécu quelques années auparavant, au cours de vacances, un terrible drame qui les a privés à jamais de leur fillette morte par noyade dans la piscine d’une habitation voisine.

Depuis, Emma et Zoé, des jumelles sont nées et le couple semble se trouver maintenant hors de portée du désespoir qui les a longtemps éprouvés.

Mais dans ce décor lumineux, au fil des promenades, baignades et de l’ivresse des grands espaces et des éclats de rire innocents des jumelles, le passé du couple ressurgit.

Lorsque Iris est amenée à révéler à Emma le drame qui les a ébranlés, elle n’a pas pris la mesure du fait que la révélation pour laquelle la fillette a promis à sa mère le secret est une charge bien trop lourde...

Cinéma : Soleil battant

Pour l’écriture de ce film, Clara et Laura Laperrousaz se sont inspirées d’un drame survenu dans leur propre environnement familial. Elles ont été guidées par la nécessité très forte de revenir sur cette famille touchée de plein fouet par une tragédie. Elles ont pris à bras-le-corps le sujet en se plaçant de leur point de vue à l’âge qu’elle avaient lorsque le drame est arrivé (ou qu’il leur a été révélé) et elles sont entrées dans la singularité de chacun des personnages touchés par l’événement, le père, la mère, les deux fillettes et de plus loin celui de la tante chez qui a eu lieu l’accident.

Les deux réalisatrices souhaitent aller au plus près ce que pouvait représenter pour des enfants de cet âge le fait d’être, l’une puis l’autre, impliquées dans un passé familial dramatique. De ce que pouvait représenter la mort d’une enfant qui était leur aînée mais qui, dans les faits, ne l’est jamais devenue.

Le choix qu’elles ont fait de situer l’histoire dans un cadre idyllique et sauvage plonge le quotidien des protagonistes dans une atmosphère saturée, une chaleur, une lumière qui les poussent à entretenir un rapport très sensoriel à leur corps et aux éléments ; et c’est peut-être la langueur de l’été, la disponibilité de l’esprit qui ont, contrairement à ce qu’ils attendaient, permis à la blessure qu’ils croyaient cicatrisée, de se rouvrir.

Le cadre sauvage dans lequel se situe le récit, la maison isolée, les deux fillettes presque irréelles tant elles sont blondes et jolies, l’incertitude du couple qui vit entre leur amour intact et une distance parfois avec leurs sentiments, crée une sorte de halo qui pèse sur ces vacances qui auraient dû être réparatrices.

Ana Girardot incarne la jeune mère avec beaucoup de sensibilité et des élans de bravoure touchants.

Clément Roussier interprète un Gabriel charismatique, solaire et dans le rôle secondaire de la jeune tante, Agathe Bonitzer s’impose en trois séquences.

On comprend que les deux cinéastes aient été séduites par les petites comédiennes jumelles. Elles sont très bien mais auraient gagné à être vêtues plus sobrement pour gommer un peu leur rayonnante blondeur et un côté un peu trop gravures de mode.

Francis Dubois

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