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Un film de Bob Byington (Etats-Unis)

"Somebody up there likes me" Sortie en salles le 23 janvier 2013

Une jeune femme confie à Sal, qui fut son compagnon, une valise avec la recommandation de ne pas l’ouvrir. Est-ce le signe de la rupture définitive ?

Pour séduire celle qu’il aime encore, Sal fait une dernière tentative. Mais à cet effet, au lieu de s’adresser à un fleuriste, il "emprunte" un bouquet de fleurs à un mémorial au bord de la route, sans remarquer que sur le vase est inscrite une phrase qui ne fait pas de doute sur l’origine des fleurs.

Pour se consoler de la rupture amoureuse, Sal fait la rencontre de Lyla qu’il épouse et qui lui donnera un garçon.

Mais quelques années plus tard, c’est de Clarissa, la baby-sitter que Sal subira le charme.

Entre-temps l’enfant a grandi et Clarissa, enceinte, annonce à Sal que le futur bébé n’est pas de lui mais de son grand adolescent de fils.

"Somebody up there likes me" relate en 1h 20, la vie amoureuse et professionnelle d’un homme pressé, personnage lunaire qui semble sans cesse se trouver au cœur de situations qu’il n’a pas provoquées, qui se sont imposées plutôt à lui, à son incorrigible candeur et à son immaturité maladive.

Le film file à toute allure, de séquences courtes en séquences courtes. Les événements les plus déterminants ont le même traitement que les plus anodins et la valeur de chacun a l’importance (ou l’absence d’importance) que leur transmet l’humeur vagabonde du jeune homme.

Qu’il soit l’amant novice lors de ses premières aventures amoureuses ou devenu le père d’un garçon adulte, Sal est demeuré à l’identique et c’est cette traversée du temps sans effet vieillissant sur le " héros" qui fait la singularité d’un récit qui, tout en se présentant comme un exercice de style, fait le réel tracé d’une vie d’homme.

La stylisation des personnages et des situations ne barre pas la route au réalisme de cette histoire traversée par l’existence de l’étrange valise qui résistera au temps, à la chronologie, fera fi des décennies.

"Somebody up there likes me" est un film tout aussi énigmatique que l’est son titre.

"Quelqu’un m’aime là-bas" contient l’espoir d’un recommencement toujours possible, l’état d’optimisme inébranlable qui guide le personnage et le prépare tout autant aux moments de bonheur qui l’attendent qu’aux déboires qui jalonnent une vie somme toute ordinaire.

Le récit est vif, drôle. Les situations sont souvent insolites, non pas parce qu’elles le sont réellement, mais parce qu’elles sont perçues à travers le prisme du regard et de la philosophie de Sal, sorte de salamandre sorti sauf de toutes les turbulences de l’existence.

Ce film au tracé narratif complètement atypique vaut vraiment le détour.

Francis Dubois

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