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Un film de Michel Spinosa (France)

"Son épouse" Sortie en salles le 12 mars 2014.

A la suite d’une dispute avec Joseph, son époux, Catherine disparaît.

La jeune femme va partir vivre en Inde où elle enseigne à des enfants. Mais cela Joseph ne le saura que le jour où il recevra un coup de téléphone lui apprenant que Catherine a été retrouvée noyée.

Dans la région de Madras, Gracie, une jeune tamoule montre des troubles du comportement le jour de son mariage : le souvenir de son amie Catherine et le mystère qui plane autour de sa mort paraissent être à l’origine de ses crises nerveuses.

Joseph, l’époux inconsolé de Catherine décide de se rendre en Inde pour y rencontrer Gracie…

En presque vingt ans, Michel Spinosa n’aura réalisé que quatre long métrages. Son premier, le très prometteur "Emmène-moi" en 1995, marquait les presque débuts à l’écran de Karin Viard et "La parenthèse enchantée" en 2000 était une comédie très réussie autour d’un groupe de jeunes soixante-huitards.

"Son épouse" est un curieux film où l’on ne retrouve pas la "patte" du cinéaste talentueux, peut-être engloutie pas la présence à l’image du couple Charlotte Gainsbourg-Yvon Attal ; elle

dans un rôle de femme tourmentée, presque grimaçante, lui dorénavant spécialisé dans un jeu "minéral" qui ne sert pas toujours les films où il apparaît.

Comment croire qu’une ancienne toxicomane qui suit un traitement de substitution a pu dissimuler aussi longtemps la vérité à son mari. Comment, lorsqu’elle perd le bébé qu’elle portait, celui-ci l’accuse-t-il de l’avoir tué avec le poison de la drogue ?

Une violente querelle de couple, un beau matin, un lit vide et à partir de là, plus la moindre nouvelle d’une jeune femme dont on avait cru comprendre, dès la première image, qu’elle était fragile et ne supporterait ni les accusations de Joseph, ni les tourments que lui coûte son passé ; mais pas au point d’aller se retirer, sans crier gare, au fin fond de l’Inde, abandonnant son mari et ce chien fidèle auquel elle semblait très attachée…

L’épisode indien qui constitue les trois-quarts du film tient plus du documentaire ou du récit de voyage qu’il ne vient en complément de la première partie.

On apprend que, dans ce pays, les malades montrant des troubles du comportement sont parqués en plein air, attachés à des arbres, que Gracie refuse l’aide de Joseph pour peut-être expier une faute qui la tourmente et qu’en Inde on ne trouve de Subutex ni en pharmacie, ni dans les hôpitaux, que le produit est inconnu.

La construction du film passe par de nombreux flash-backs qui sont sensés lever progressivement le voile sur la vérité mais on a l’impression qu’au fur et à mesure que le l’histoire se construit, les pans précédents du récit s’écroulent.

Le film se déroule entre mélo et documentaire sans jamais trouver de vraie ligne narrative.

Les comédiens indiens sont de très loin, les plus convaincants.

Francis Dubois

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