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Un film de Subarna Thapa (Népal-France)

"Soongava" Sortie en salles le 11 juin 2014

Diya, vingt-deux ans, vit à Katmandou. Elle veut devenir danseuse professionnelle mais son projet est contrarié par la décision que sa famille a prise "de la marier" à ce que ses parents appellent un beau parti.
Mais, alors que les fiançailles ont lieu, l’amitié qu’éprouve Diya pour son amie Kiran devient passionnelle au point que l’une et l’autre décident de rompre avec tout autre projet que celui de vivre ensemble.
Transgressant morale et tradition, les deux jeunes filles louent un appartement et affirment aux yeux de tous, la singularité de leur relation.
En prenant cette décision, elles s’exposent à un réel danger.

Dans le Népal contemporain, les femmes homosexuelles ne peuvent pas exprimer ouvertement leur préférence amoureuse. Beaucoup d’entre elles sont contraintes par leurs familles à des mariages arrangés sensés leur faire retrouver le "droit chemin".
Si elles s’obstinent dans leur choix, elles peuvent se heurter douloureusement à la société, perdre leur emploi, être montrées du doigt et parfois dénoncées à la police pour d’autres motifs par leurs propres familles.
Même si au Népal, l’idée que le mariage ne peut unir que deux personnes de sexe opposé commence à être remise en question, et même si la Cour suprême du pays vient d’autoriser le mariage homosexuel, le conservatisme de nombreuses familles, un profond attachement aux règles et aux traditions restent un frein à ce qui demeure dans les esprits une relation illégale et honteuse.

"Soongava" est une illustration un peu "démonstrative" de ce sujet et des risques que prennent deux jeunes femmes à vivre librement leur homosexualité.
Subarna Thapa filme la passion amoureuse de Diya et Kiran avec élégance, d’une caméra fluide, proche des corps mais sans que l’on sache si la décision des protagonistes, affichant ouvertement leur liaison, est militante ou le résultat d’un emportement amoureux aveugle.
Le récit trouve dans sa dimension tragique finale remède à tous les reproches qu’on pouvait apporter à une histoire qui, en dépit de son contenu sulfureux, aurait pu verser dans un certain angélisme.

Francis Dubois

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