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Un film de Jean-Michel Correla (France)

"Sous X" Sortie en salles le 14 janvier 2015.

Jean-Jacques a passé la trentaine. Il vient de passer 9 années en prison pour braquage.

A sa sortie, ses vieux parents adoptifs l’accueillent dans l’appartement de la cité de banlieue où il a grandi. L’affection qu’ils lui portent est intacte mais sa chambre d’enfant à la décoration désuète qu’il retrouve, lui paraît bien étroite.

Jean-Jacques va, sans tarder retrouver le quartier et renouer avec ses amis. Mais, dans la cité où il a grandi, tout a changé.

Le pays est en crise et les jeunes qu’il a connus autrefois tiennent aujourd’hui le business. Ses anciens amis qui se livrent à toutes sortes de trafics et voient en lui une sorte de leader, le pressent de reprendre ses activités.

Jean-Jacques, que ses vieux démons n’ont pas vraiment quitté, est assez lucide pour se dire qu’il en est à un point de sa vie où il doit se poser les vraies questions.

Il est face à un choix complexe. Rentrer dans le rang, une voie que lui ouvre sa rencontre avec Melissa, une fille brillante offerte à un bel avenir professionnel, ou céder à la facilité et au risque du monde des petits trafiquants qui roulent en BMW et vivent une vie facile dans des villas avec piscine.

Jean-Jacques est pris en étau dans ses contradictions. Métis adopté par des blancs, converti à l’Islam, attiré par deux femmes différentes, tiraillé entre résurrection et délinquance, saura-t-il prendre un nouveau et franc départ ?

Cinéma : Sous X

Le film de Jean-Michel Correla se débarrasse d’entrée de tout rajout narratif inutile. Il n’encombre par le personnage de Jean-Jacques d’états d’âme superflus, de questionnements, de scrupules vis-à-vis de ses vieux parents attachés à une vie simple et sans débordements.

Neuf années d’emprisonnement lui ont donné un appétit de liberté que toute la tendresse qu’ils peuvent lui porter ne suffira pas à satisfaire, pas plus que le monde désuet auxquels ils appartiennent, si tendre et si généreux soit-il.

La façon qu’a le réalisateur de présenter le retour de Jean-Jacques, convainc d’entrée autant les vieux parents que le spectateur, du peu de poids que pèsent l’affection de la famille d’adoption et le décor familier sur les perspectives d’avenir de l’ancien taulard.

Le charisme du personnage, sa générosité, ses enthousiasmes sont autant d’éléments qui font que sa préférence pour une autre vie est d’entrée admise, d’autant que l’on sent chez Jean-Jacques, même s’il la tient à distance, une vraie fidélité à son environnement familial, de respect envers ceux qui ont accompagné ses années d’enfance.

Le retour de Jean-Jacques dans le quartier, sa reprise de contact avec ses anciens amis ont des accents de vérité touchants. Jean-Michel Correla excelle dans ces moments pour saisir l’authenticité des rituels. Dans une suite de séquences, il sait avec une mise en scène fluide, des dialogues appropriés et savoureux, rendre toute l’ambigüité de ces retrouvailles où l’amitié et la tendresse échangées se charge de toute la part du danger qui guette.

"Sous X" n’est pas un film de plus sur la banlieue. C’est un autre regard, une autre approche de ce milieu qui reste à découvrir. Ce qui fait la différence entre ce film et d’autres, c’est que le protagoniste n’est ni un adolescent, ni même un jeune homme mais un quadragénaire lucide

et charismatique.

Francis Dubois

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