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Un film d’Anne-Marie Etienne (France)

"Sous le figuier" Sortie en salles le 20 mars 2013.

Nathalie, la quarantaine, a tellement été accaparée par les cuisines du restaurant haut de gamme où elle assure les fonctions de chef qu’elle n’a pas vu grandir sa fille. Au moment où celle-ci décide d’aller parfaire ses études à l’étranger, Nathalie apprend que ses méthodes culinaires sont dépassées et qu’elle va devoir passer la main.

Christophe, après son divorce a obtenu la garde de ses trois filles mais comment mener de front son rôle de père et ses responsabilités professionnelles. Le voilà bientôt sur le flanc et au chômage.

Joëlle qui travaille dans le domaine associatif et ne compte pas ses heures oublie parfois sa fille chez le charcutier qui la réceptionne à la sortie de l’école.

Les circonstances de la vie vont leur faire rencontrer Selma, quatre-vingt-quinze ans, cartomancienne à ses heures, pourvue d’un bel appétit de vivre mais que la maladie qui la ronge est en train de rattraper.

Ces éclopés de l’existence vont se retrouver réunis pour l’été dans une maison de rêve, au milieu des vignes où l’ombre d’un figuier et la sagesse de l’aïeule rendront aux plus jeunes le goût de vivre qu’ils étaient en train de perdre.

Il aurait fallu à Anne-Marie Etienne, pour venir à bout d’un sujet parsemé d’écueils, menacé par un excès de bons sentiments et de sourires aimables, plus de nuance dans le traitement de son film, moins d’angélisme, une vraie légèreté et une vraie gravité car c’est entre les deux que son sujet se tient (aurait dû se tenir) en équilibre.

Les scènes d’introduction du film où se présentent les principaux protagonistes et où chacun est montré dans son quotidien survolté ne sont pas que maladroites dans leur valeur démonstratives. Elles alourdissent déjà considérablement le récit et obligent les comédiens à un sur-jeu de mauvais augure.

On avait un peu de mal à croire aux personnages pris dans le cours de leurs "turbulences" parisiennes ; ils ne sont guère plus convaincants lorsqu’ils se sont installés dans la paisible demeure campagnarde. Il ne suffit pas de boire des "gorgeons" de rouge, de regarder béatement les enfants s’ébattre dans la piscine, d’apprendre à s’apprivoiser les uns les autres pour créer un vrai climat réparateur.

La vieille dame presque centenaire et qui sait que la mort n’est pas loin de l’emporter, propage son optimisme et son appétit de vivre autour d’elle et avec sa bonhomie, "met dans sa poche" grands et petits Elle remet tout ce monde cabossé sur le chemin de la reconstruction.

Les grosses ficelles du scénario gênent le déroulement de la fable et les épisodes les mieux intentionnés s’y prennent les pieds.

Autre chose vient en travers du récit. Ce sont les interprétations. On connaît le talent de comédienne d’Anne Consigny. On a pu, à plusieurs reprises louer le jeu de Jonathan Zaccaï et on aurait aimé louer la qualité de celui de Gisèle Casadessus. Malheureusement, ils ne sont pas ici au faîte de leur talent. Est-ce le scénario mal fagoté qui pêche ou l’alchimie qui résulte de la réunion de comédiens qui semblent s’éteindre les uns les autres ? Il n’y a que Marie Kremer qui parvient à donner à son personnage un certain relief.

"Sous le figuier" est ce que cinéma français peut produire de plus transparent, de plus inoffensif, de plus doucereux. Mais on a toujours su que les bons sentiments ne font pas forcément les bons films.

Francis Dubois

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