Les langues anciennes

Spécialité LLCA, épreuve de terminale, une cote mal taillée.

La note de service définissant l’épreuve de terminale de spécialité LLCA est sortie . Voici notre analyse.

Un choix surprenant

Il n’y a pas de majeure et de mineure au choix de l’élève, comme en Première et comme envisagé dans la proposition initiale du CSP. Cela nous semblait pourtant correspondre à la possibilité de recruter des grands débutants. L’évaluation proposée semble chercher un entre deux pour s’adapter à tous les types d’élèves (les forts en version et les autres) mais c’est au détriment d’un véritable exercice de version, contrairement à l’épreuve des renonçants de Première. On comprend en effet que l’exercice de traduction porte sur un texte dont la traduction est déjà fournie. C’est pourtant l’épreuve terminale de spécialistes ! Même si l’exercice n’est pas dénué d’intérêt , il apparaît ici comme une incohérence dans la progression des élèves. Enfin, le choix de limiter l’épreuve écrite au programme limitatif fait que l’objet d’étude « Méditerranée » est étudié pour la gloire, ou si on a le temps.

Forme et structure de l’évaluation

La traduction :
Il s’agit apparemment d’élaborer une traduction personnelle à partir d’une traduction déjà établie. C’est rabattre sur les exigences pour les élèves compétents. En revanche, pour ceux en difficulté dans l’exercice de version (qui auraient commencé une LCA en 1ère), établir la traduction personnelle de 90 mots reste un exercice complexe. En résumé, trop facile pour les uns, trop dur pour les autres. Nous avions proposé une version pour tous les élèves, de 50 mots maximum, en supposant que les grands commençants sauraient se repérer dans une œuvre étudiée pendant l’année et un passage donné en contexte. L’extrait n’aurait pas été plus long qu’en classe de 1ère avec le double de temps pour composer, ce qui rendait, à nos yeux, l’exercice faisable. Le texte ménage toutefois un certain flou à propos de cet exercice de traduction que seul un sujet zéro permettra de lever.

Les questions de langue et de lexique :
Il est incompréhensible qu’elles ne puissent pas porter sur le passage que le candidat doit traduire puisque les étapes de l’épreuve sont complémentaires et éclairent la composition. Est-ce parce que les concepteurs ont jugé que ce serait trop facile ?

L’essai :
Nous sommes satisfaits qu’il n’y ait aucune limitation de longueur, et que le texte mentionne une question pour guider la réflexion des candidats. C’est nécessaire pour cadrer l’évaluation, mais reste à voir de quel type sera la question.

Notation et barème :
La cohérence entre les attentes en fin de 1ère et celles en fin de terminale est interrogée. Le sujet de 1ère prévoit 5 points sur la langue et 3 sur le lexique. En terminale, avec des élèves devenus plus aguerris, il n’y a plus que 2 points de lexique et 2 points de langue (sur les deux étapes d’une même question) donc une attente d’approfondissement bien moindre. Pour le reste, un équilibre de 10 points sur la partie langue et 10 points sur la partie culture paraît convenir.

L’oral de second groupe

Les objectifs, visant à vérifier les connaissances linguistiques et littéraires du candidat sont logiques. Toutefois, nous avions demandé à ce que l’élève tire au sort ou choisisse, entre traduction et commentaire, plutôt que de chercher à faire entrer dans le format limité de l’oral deux exercices complexes. Rappelons que l’élève qui se présente à l’oral de 2nd groupe a généralement raté son épreuve écrite…
Pour l’épreuve proposée, 20 minutes de préparation sont très insuffisantes. Nous avions déjà, lors des discussions avec la DGESCO, indiqué que 30 mn ne suffisaient pas ! Des élèves, en échec à l’écrit, vont être interrogés sur n’importe quel passage d’une œuvre intégrale, avec 20 minutes de préparation ? De plus, les promotions précédentes étaient entraînées au commentaire littéraire d’un texte en langue ancienne alors que cette dimension a disparu des nouveaux programmes car « confronter » et faire un « commentaire littéraire » sont deux choses très différentes ! Quelle est la cohérence d’interroger des élèves sur des exercices auxquels ils n’ont pas été préparés ? Nous l’avions signalé à la DGESCO. En vain. 20 minutes suffiraient à peine à la préparation de l’exercice de commentaire et il faut encore y ajouter la préparation d’une traduction personnelle de 25 mots, là aussi sur un passage que les élèves ont peu de chance de connaître.

En bref, dans ce domaine comme dans d’autres, le gouvernement peut se targuer de consulter les organisations syndicales. Mais les entendre, c’est autre chose !
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