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Un film de Patricia Mazuy (France)

"Sport de filles" Sortie en salles le 25 janvier 2012

Gracieuse a une passion dévorante, l’équitation, et ce à quoi elle tient le plus au monde c’est d’être la seule entraîneuse du cheval d’obstacle qu’on avait promis de lui confier.
Or, sans qu’elle ait été prévenue, la jument dont elle s’était toujours occupée et sur laquelle elle avait jeté son dévolu est vendue.
Se sentant dépossédée de son projet, elle claque la porte de l’élevage qui l’employait et se fait engager comme simple palefrenière dans le haras qui jouxte la ferme de son père et que dirige de main de fer, Joséphine de Silène.
La renommée internationale dont bénéficie le haras tient beaucoup à la présence de l’entraîneur Franz Mann, un ancien champion vieillissant, dont les grandes cavalières du monde entier se disputent le savoir et le regard.
Ce monde de pouvoir et d’argent que côtoie Gracieuse la laisse indifférente. Sa seule ambition est d’atteindre le projet qu’elle s’est fixé et d’avoir un cheval pour elle seule, qu’elle mènerait, par son talent et son acharnement, au sommet de l’art équestre.
Pour cela elle est prête à se mettre hors-la-loi et à affronter Frantz Mann.
Patricia Mazuy, avec la complicité de Simon Reggiani avec qui elle avait co-réalisé en 2004, "Basse Normandie" décrit la cruauté du monde équestre fait de rapports de domination et d’humiliation, un monde très hiérarchisé, domaine réservé de vieilles familles d’aristocrates, ou de nouveaux riches mais dont le monde désargenté, quel que soit le talent ou le degré d’implication, est tenu écarté.
La force ou la faiblesse du film de Patricia Mazuy tient au personnage de Gracieuse. Le jeu un peu trop appuyé de Marina Hands qui donne une jeune femme farouche et déterminée, refusant tout du monde qui l’entoure, débouche sur un enfermement du personnage dans ses limites et bientôt sur un enfermement du film lui-même. Dès lors que Gracieuse a livré son jeu, le récit se retrouve comme piégé et ce ne sont ni les personnages interprétés par Josiane Balasko ou par Bruno Ganz qui peuvent rouvrir le récit.
Il aura sans doute fallu un grand travail de comédienne à Marina Hands pour réduire à ce point son jeu à une seule expression et à exprimer par une gestuelle minimaliste, une façon de se mouvoir dont elle ne sort jamais, sa forte détermination.
Et c’est peut-être bien cette extrême maîtrise de jeu, au service d’un personnage monolithique qui fige le récit dont le développement narratif, lorsqu’il pourrait s’élargit avec le vol du cheval ou l’affrontement Gracieuse-Frantz, semble tourner en rond et ne plus apporter que ce qui était prévisible.
Le personnage de Gracieuse se trouve alors affaibli par un excès de force dans sa détermination.
Il y a comme un grain de sable dans le rouage du film qui réunit au départ toutes les qualités pour donner une œuvre originale sur un sujet nouveau avec des comédiens de grand talent. Mais si aucun ingrédient ne manque, la "sauce " ne prend pas toujours.
Francis Dubois

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