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Un film de Christophe Coello (France)

"Squat-La ville est à nous" Sortie en salles le 2 novembre 2011

Le film s’ouvre sur la "prise d’assaut" d’un immeuble inhabité par les membres d’un collectif, à Barcelone. Les locaux sont investis, rendus habitables. La vie s’y organise dans l’enthousiasme et la bonne humeur.

Chaque immeuble ou appartement investi est une conquête même si chacun sait qu’un beau matin, le police fera son travail d’évacuation. Les protagonistes du groupe ne s’en tiennent pas à la seule occupation de locaux. Des banderoles sont dressées sur la façade, les voisins visités pour se présenter et expliquer les raisons de la démarche, des tracts sont distribués pour sensibiliser les habitants du quartier.

Le Squat devient une sorte de fourmilière où chacun est investi d’un rôle bien défini, où rien n’est laissé au hasard.

Si ces collectifs existent maintenant un peu partout à Paris, à Londres ou à Barcelone, Christophe Coello, plutôt que de disperser son propos sur plusieurs exemples, s’en est tenu à un seul "collectif de réappropriation urbaine" qui opère à Barcelone, le Miles de Viviandas.

Celui-ci s’implique dans la défense de la Barceloneta, un quartier populaire de la ville assailli par les promoteurs.

Ce Squat de Barcelone n’a pas son équivalent à Paris où les plus en vue sont des squats artistiques, des lieux à vocation culturelle, qui deviennent parfois des îlots officiels et qui vont perdre, en cours de route, la vocation initiale.

La vitalité de ces mouvements engagés et déterminés, dont l’objectif, ciblé et clair, est de lutter contre une spéculation immobilière galopante, remonte peut-être, pour sa détermination, au passé de lutte qui a de tout temps marqué la Catalogne.

Dans le film de Christophe Cello, Amma, Gaia ou Vincente pour ne citer qu’eux, invitent à une réflexion profondément politique sur la ville, espace de prédation économique mais aussi, espace de possibles solidarités.

Les squatteurs réclament la ville pour tous et une vie décente pour chacun.

Les actions qu’ils mènent dans ce sens sont des cris politiques et existentiels à la fois.

Le lien entre ces démarches obstinées, isolées et la vague des manifestations qui ont eu lieu en 2011 sur lesquelles Coello termine son film, devient évident ; l’engagement des squatteurs de Barcelone relève d’une nouvelle façon de militer, basée sur l’absence d’une organisation hiérarchique, la large part accordée à l’humour quoiqu’il en soit, ainsi que sur l’abolition des rites formatés.

Il n’est pas question de prendre le pouvoir mais de bâtir une autre vie ici et maintenant, de promouvoir l’autonomie et l’autogestion.

Mais il est surtout question, à multiplier ces actions, d’attirer l’attention sur le danger que représentent les spéculations immobilières, la disparition des quartiers populaires et le refoulement sans ménagement ni solution de rechange, des populations modestes.

"Squat-la ville est à nous" est un film à diffuser le plus largement possible. Si les squatteurs du film n’ont pas de solution "clé en main", leur lutte finit par donner une vision très concrète du problème.

Francis Dubois

 

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