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Stagiaires : sondage sanction pour le ministère

Pour conforter ses orientations dans la mise en œuvre, pour la deuxième année, de la réforme de la formation des enseignants et des CPE, le ministère a cru bon de commander un sondage à l’institut IPSOS
(téléchargeable sur http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/ipsos_menjva_enseignants_stagiaires_2011.pdf).

A bien regarder les réponses du millier d’enseignants (des premier et second degrés confondus) et de CPE interrogés, c’est bien d’un désaveu cinglant de cette politique qu’il s’agit.

S’il confirme que les jeunes enseignants ne regrettent pas d’avoir choisi ce métier et s’en disent satisfaits, ce sondage souligne les difficultés importantes qu’ils ont rencontrées pour tout ce qui fait le cœur du métier : près de 70% (p.6) des stagiaires ont trouvé difficile de « préparer et donner des cours et un contenu de qualité » ! Les difficultés de certains élèves ne sont-elles pas sans cesse pointées comme un échec grave de notre système scolaire ? 84% (p.6) des nouveaux enseignants estiment qu’il leur a été difficile « d’accompagner les élèves en difficulté » !

Ce sondage révèle le fiasco de la suppression de l’année de stage, pendant laquelle les enseignants et CPE stagiaires étaient en partie déchargés pour assurer leur formation et une entrée progressive dans leur métier : 69% des anciens stagiaires ne sont pas satisfaits « de leur possibilité de formation » (p.6).
L’utilité des formations dispensées lors des journées d’accueil ou tout au long de l’année est clairement mise en cause : 73% (p. 16) des stagiaires estiment qu’elles n’étaient plutôt, ou pas du tout, « adaptées à [leur] parcours antérieur et à [leurs] besoins au cours de l’année ».

Sur la question des tuteurs, le sondage est biaisé puisque l’échantillon comprend de façon indifférenciée stagiaires des premier et second degrés. Or, les conditions de stage étaient très différentes : les tuteurs étaient déchargés et effectivement disponibles dans le premier degré, ce qui n’était pas le cas dans le second degré, où quand il y avait un tuteur, il n’était pas forcément dans le même établissement, ni même parfois dans la même discipline !

Riche des enseignements de ce sondage, que fait Luc Chatel ?
Il persiste et, pire, dégrade encore les conditions des stagiaires : dans les académies où elles existaient, les décharges de service, notoirement insuffisantes, qui permettaient d’organiser la formation des stagiaires, sont supprimées et partout, le volume de formation diminue.
C’est pourtant le contraire qu’il faudrait faire : former les enseignants de demain, pour répondre aux défis que posent la démocratisation de notre système éducatif et l’élévation générale des besoins de qualification, c’est urgent !
Il faut rouvrir le chantier de la formation de enseignants !

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