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Un film de Jonathan Taïeb (France)

"Stand" Sortie en salles le 24 juin 2015

A Moscou, Anton et Vlad, un jeune couple homosexuel est par hasard le témoin passif d’une agression de rue.

Plus tard, ils apprendront que la victime a succombé aux coups et qu’il s’agissait d’un crime homophobe.

Alors que Vlad est prêt à effacer le souvenir de la scène, Anton décide de lancer une enquête afin d’identifier la bande de tueurs.

Dans un premier temps, ils vont faire les recherches ensemble mais, petit à petit, au fur et à mesure que l’étau se resserre, Anton dont la détermination ne faiblit pas, va se retrouver seul.

Son obstination va le conduire à prendre de plus en plus de risques, à s’éloigner de son compagnon et à s’engager dans un avenir incertain.

Cinéma : Stand

"Stand", librement inspiré de faits réels, dresse l’état des lieux de la situation des homosexuels en Russie et condamne les politiques répressives qui vont à l’encontre des droits humains, des libertés individuelles et sexuelles, à travers des personnages et des situations universelles.

Le récit fait écho aux lois russes promulguées en juin 2013(Le Parlement vote une loi qui interdit la "propagande des minorités sexuelles" afin de protéger les mineurs) et en janvier 2015, une loi qui interdit aux personnes transsexuelles de conduire un véhicule pour "déficience mentale".

Ces décisions gouvernementales ont ouvert une brèche et déroulé un véritable tapis rouge à la banalisation de l’homophobie (propos homophobes récurrents, vidéos homophobes, impunités des actes homophobes, résignation des familles des victimes).

Elles autorisent les traques des personnes homosexuelles sur internet et donnent libre cours à toutes les violences sur les personnes.

Jonathan Taïeb réalise un film courageux qui évite toute démonstration, tout manichéisme et qui reste un œuvre exigeante, un film militant et d’auteur, utilisant autant les ressorts du suspense que les règles du film d’horreur.

Parce qu’il prend le temps de mettre en place l’élément dramatique de son récit, de dresser le portrait de ses personnages avec finesse et sensibilité, de tracer sans jamais forcer le trait les lignes du contexte politique, Jonathan Taïeb aborde le sujet central de son film de façon périphérique avec une délicatesse narrative qui est d’autant plus efficace qu’elle contraste avec la rudesse du contexte, avec le danger qui ne cesse de menacer le personnage d’Anton.

Les personnages qui s’ajoutent au récit créent une ambiguïté qui nourrit chaque séquence d’un risque qui se précise de façon rampante.

Si la construction du récit qui ne fait aucune concession à la facilité est l’atout essentiel de "Stand ", la présence charismatique du jeune comédien Renat Shuteev lui apporte une force qui n’a d’égal que la détermination du personnage dans son engagement.

Un film fort. La (toute petite) lueur d’optimisme qui l’habite n’empêche pas de mesurer le long chemin qui reste à parcourir pour que l’espèce humaine parvienne au respect de l’autre et au droit à la "différence".

Francis Dubois

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