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Une comédie de Ken Scott (Canada)

"Starbuck" Sortie en salles le 27 juin 2012

Pour offrir un voyage de noces tardif à ses vieux parents, David Wosniak qui, bien qu’ayant passé la quarantaine est resté un grand adolescent, a vendu son sperme à un laboratoire.

Alors que sa compagne attend un bébé et qu’il s’interroge sur ce que va devenir sa vie avec cet événement qui le dépasse, il découvre qu’il est le géniteur anonyme de plus de cinq cents enfants dont un certain nombre, regroupés en association, sont bien déterminés à le retrouver.

Le choix de départ qu’ont fait Ken Scott et son co-scénariste Martin Petit aurait pu ne déboucher que sur une simple comédie. Ce n’est que partiellement le cas. Car si l’on rit souvent dans les premiers moments du film, le récit prend au fil du temps une tournure plus nuancée et devient très vite une réflexion autour de la paternité.

Au fur et à mesure qu’on avance dans le film, le personnage de David Wosniak gagne en gravité et cette transformation s’accorde finalement avec le thème abordé, car l’histoire racontée est bel et bien ancrée dans une réalité. Partout dans le monde, il existe de nombreux enfants d’un même géniteur qui l’ignorent.

Or, les géniteurs de ce type ont droit à l’anonymat et une loi qui en déciderait autrement réduirait considérablement le nombre des donneurs.

Dans le film, David Wosniak est amené à faire différentes rencontres avec certains de ses "enfants" et là réside sans doute le principal écueil du scénario car sa paternité regroupe un panel d’individus que le cliché menace : un homosexuel, un handicapé physique, une adolescente en chute libre vers la drogue et la prostitution. Il ne fallait pas que cet échantillonnage fasse "catalogue" et qu’on ait l’air de passer d’un épisode à un autre.

La difficulté est évitée grâce au fil rouge qui relie ces rencontres entre elles. Et ce lien est assuré par David Wosniak qui est de toutes les séquences et qui, par une prise de conscience sincère, tout en conservant son statut d’anti-héros lunaire, provoque l’empathie malgré (ou grâce à) ses défauts et ses mauvaises décisions.

Le Mile-End, au centre de Montréal où se situe l’action, est un quartier multiculturel. Plusieurs communautés s’y côtoient et on a le sentiment que puisque tout y paraît possible, on peut d’autant mieux croire à l’histoire du protagoniste.

Patrick Huard, charismatique et drôle, parvient, en fin de film, à une transformation physique étonnante.

Antoine Bertrand qui joue l’avocat flanqué de sa marmaille est savoureux et Julie Le Breton, la petite amie de David, donne à son personnage beaucoup d’humanité.

Un sujet original traité avec humour et beaucoup d’humanité.

Francis Dubois

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