US Magazine 794 du 18 janvier 2020

Stop E3C : tous dans la lutte !

Depuis mi-janvier, il n’y a pas une seule journée sans grève et manifestation contre les E3C. Toute la palette des modalités d’action est déclinée dans un mouvement protéiforme. Le malaise est profond.

A ce jour, plus de la moitié des lycées sont concernés par des mouvements qui vont du rassemblement de protestation à la grève. Avec un gouvernement qui n’hésite pas à mentir aux personnels, que ce soit , sur les réformes éducatives et celle des retraites et un ministre de l’Éducation nationale qui use et abuse du mensonge , la lutte contre les E3C cristallise finalement toutes les colères. « Dans 85% des établissements, les choses se passent normalement » répète le ministre Blanquer, qui, le 21 janvier dernier affirmait sans vergogne que les E3C se déroulent normalement en outre-mer alors que la Réunion était en vacances et que 90% des établissements de Guadeloupe et de Martinique étaient bloqués. Dans la réalité, rien n’est « normal » dans le déroulement de ces épreuves.

Dysfonctionnements majeurs

La liste des dysfonctionnements est longue. Ici les élèves sont entassés dans des salles sans surveillance sérieuse, utilisant leur téléphone portable, là, les sujets ont été communiqués aux élèves avant l’épreuve ou bien au contraire, il y a erreur de sujets … Avec cette organisation locale où l’institution elle-même s’est moqué des principes de confidentialité et de lutte contre les fraudes , il est impossible de garantir l’égalité de traitement entre les candidats. Du ministre aux proviseurs, toute la chaîne de commandement semble avoir décidé que tout cela n’était pas grave, foulant aux pieds les principes d’un examen national.

Tous les lycées sont concernés !

Depuis des mois, les enseignants alertent en écrivant aux inspecteurs, en votant des motions en conseil d’administration, en publiant des lettres ouvertes… Parents d’élèves et lycéens se joignent au mouvement, ils interpellent la presse , les élus, organisent des rassemblements festifs, multiplient les gestes symboliques pour dénoncer le sort qui est fait aux élèves comme aux enseignants, vont jusqu’à ériger des murs de manuels scolaires périmés, à les lancer parfois ou à déposer les crayons comme on dépose les armes … Tout cela doit faire comprendre à tous que l’heure est grave car le métier enseignant et le système éducatif sont frappés au coeur.

Claire Guéville

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