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Un film de Saul Dibb (France / Grande-Bretagne / Belgique).

"Suite française" Sortie en salles le 1er avril 2015.

Les écrits d’Irène Némirovsky furent découverts par sa fille, Denise Epstein, plus de cinquante ans après sa mort en 1942 à Auschwitz.

Ils se présentaient sous la forme de deux courts romans :" Tempête en juin " où elle décrit l’horreur et le chaos de l’exode de juin 1940 et " Dolce " qui se déroule dans un village des environs de Paris dont les habitants sont confrontés au flux des réfugiés parisiens et à l’occupation des forces allemandes.

Trois autres volets devaient suivre qui ne furent qu’ébauchés ou jamais écrits.

Publié en 2004, " Suite Française " obtint le Prix Renaudot.

Cinéma : Suite française

Au cœur du récit se nichait l’histoire d’amour d’une française avec un officier allemand et si le film de Saul Dibb ne néglige pas le contexte de l’époque, s’il y apporte beaucoup de soin, il fait de l’idylle coupable, le centre de son sujet.

L’histoire d’amour interdite s’assortit de tout ce qui en découle, suspicion, trahisons, secrets, dangerosité des situations, réveils de consciences.

Si les situations sont convenues à l’exception du dénouement, aucun des personnages n’échappe ni dans sa nature, ni dans ses actes, aux clichés : la jeune femme dont le mari est sur le front, attirée par un officier allemand, la belle-mère sèche et autoritaire qui s’avérera par la suite beaucoup plus humaine qu’il n’y paraissait, le hobereau aristocrate et son épouse qui composent avec l’occupant, le métayer engagé dans la résistance qu’il faudra sauver des griffes de l’occupant, l’officier allemand partagé entre son devoir et son amour.

Si on est sensible aux belles histoires d’amour poignantes à partager avec les personnages, aux affres des dilemmes cornéliens, aux actes de bravoure qui dépassent les sentiments les plus enflammés, on prendra du plaisir au film de Saul Dibb.

D’autant plus que la réalisation ne manque pas de qualités, que la reconstitution de l’époque est irréprochable et que chacun des comédiens parfaitement distribués s’acquitte avec beaucoup de talent de sa partition.

Mais on pourra tout autant, avoir en quittant la projection, le sentiment d’avoir vu le sujet, sous une forme approchante, traité des dizaines d’autres fois.

Francis Dubois

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