Actualité théâtrale

Jusqu’au 6 mai 2012 au Théâtre du Rond-Point

"Super Rebelle…et candidat libre !" Partenaire Réduc’snes

Le public vient voir un amuseur et l’artiste, une fois sur scène, doit pleinement répondre à ses attentes.

Il faut au public son comptant de phrases incisives, de répliques qui font mouche, d’insolence, de mimiques appuyées et une gestuelle à l’avenant.

Même si le spectacle que propose Christophe Alévèque sur le plateau de la grande salle Renaud-Barrault du Rond-Point n’échappait certainement pas, dans sa conception initiale, à quelques facilités, il avait sûrement pour objectif de garder le cap, de ne pas déborder exagérément et surtout de tenir bien en main son fil conducteur, les prochaines élections présidentielles dans ce qu’elles représentent de sérieux, de déterminant pour les années à venir du pays.

Mais tant pis pour l’enjeu de ces élections. Nous sommes au théâtre face à un bouffon et on a laissé au vestiaire la gravité de l’affaire. On est venu se changer les idées et, du moins sur le moment, on n’est pas là pour que les idées changent.

Le spectacle dure deux heures et l’on sent bien, dès le départ, qu’il y a malentendu entre l’artiste qui tient la ligne de son propos et le public qui attend une charge comique qui n’est pas toujours de rigueur.

Bien sûr, Christophe Alévèque joue le jeu, redouble de facéties, passe les politiques à la moulinette de son humour, en rajoute une louche quand il sent les rires trop timides, une musique adéquate quand il s’agit d’emporter le public.

On ne peut pas prendre trop à la légère un moment aussi déterminant que ces présidentielles. Peut-on rire sans arrière-pensée de ce moment où est en train de se jouer notre avenir pour cinq années ?

"Nos rêves ne rentrent pas dans leurs urnes" dit Christophe Alévèque et c’est peut-être une réplique comme celle-là qui donne en filigrane, la tenue profonde du spectacle.

Car cet homme de scène, ce pitre avec sa ridicule cape rouge de superman, gesticulant et sautillant parce que c’est ce qu’on attend de lui, d’instant en instant, distille une réelle inquiétude et les signes d’une vraie implication, d’une sincérité politique qu’il se doit de mettre en sourdine s’il ne veut pas que la mayonnaise de son spectacle tombe et que le public juge qu’il n’en a pas eu pour son argent.

Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point 2 bis, avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris

www.theatredurondpoint.fr

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21

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