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Un film de Frédéric Fonteyne (France)

"Tango libre" Sortie en salles le 28 novembre 2012

JC est gardien de prison. Il vit seul, n’a qu’un poisson rouge pour compagnon et l’unique fantaisie qu’il s’accorde est de prendre chaque semaine des leçons de tango.

Alice, infirmière mère d’un adolescent est la nouvelle élève du cours. Alors qu’il est troublé par la jeune femme, JC la retrouve au parloir de la prison où elle vient visiter deux détenus, Fernand son mari et Dominic, son amant qui partagent la même cellule.

Tout le film de Frédéric Fonteyne repose sur une double tonalité, la comédie et le réalisme cruel. Un mariage de genres difficile à tenir sur la durée, que le réalisateur ne maîtrise pas toujours.

Fernand est un fonceur enthousiaste, cocu sans états d’âme et macho avoué. Dominic semble plus fragile et la perspective des vingt années de détention en fait un personnage éteint avec des pensées suicidaires.

Si Alice sait faire face à sa double relation, son personnage a dans le film, la mission de maintenir le récit entre drame et comédie.

Anne Paulicevich, comédienne au curieux visage réussit parfois, quand les invraisemblances du scénario ne font pas barrage, à créer le trouble nécessaire et à maintenir le récit la tête hors de l’eau.

Car le danger est à chaque fois présent de le voir sombrer et friser le ridicule. La leçon de tango collective dans la cour de la prison à laquelle tous les détenus participent avec une application scolaire est de ces moments du film dont on ne sait pas s’ils appartiennent dans le récit (conte, fable ?) à la comédie, au pathétique ou à l’imaginaire d’un personnage.

Il y a Alice pour tenir la barre de ce récit chaotique mais il y a surtout JC.

François Damiens qui l’interprète est sans doute un de nos grands comédiens qui fait ici, de son personnage, grâce à son talent, un rôle à sa mesure. Avec quelle délicatesse d’orfèvre, quel talent pour donner sa juste dimension à un simple regard, un demi geste ou un sourire à peine ébauché…

Sa silhouette est celle de ce vieux garçon maladroit, solitaire, emprunté, qui ne semble pas toujours savoir quoi faire de sa grande carcasse.

C’est un observateur silencieux, un inquiet. On ne sait rien de son passé mais on imagine, à son regard d’animal méfiant, que pour en être là où il est aujourd’hui, la vie n’a pas dû l’épargner.

Sergi Lopez, dans sa partition habituelle, a beau être bien, Jan Hammenecker très plausible dans le personnage plus en retrait de Dominic, Anne Paulicevich très convaincante, c’est François Damiens qui panse les blessures d’un scénario brinquebalant et fait que "Tango libre" se laisse regarder. Un film auquel on peut même trouver une autre qualité, celle d’exciter la curiosité du spectateur, jusqu’à lui faire deviner à quel genre cinématographique, appartient ce qu’il vient de voir !

Francis Dubois

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