Actualité théâtrale

au Théâtre de La Bastille, jusqu’au 31 octobre

"Tartuffe d’après Tartuffe" de Molière, mise en scène Gwenaël Morin

Après des études d’architecte, Gwenaël Morin assiste Michel Raskine dans ses mises en scène, de 1996 à 1999, année où le Théâtre Les Ateliers à Lyon l’accueille en résidence. Il réalise alors plusieurs mises en scène avant que La Comédie de Valence lui commande une "Mademoiselle Julie". Deux pièces de Federico Garcia Lorca suivront. Un texte de Sarah Kane et "Guillaume Tell" d’après l’œuvre de Friedrich Von Schiller. En 2009, il crée "Les Justes" d’Albert Camus et, dans le cadre du Théâtre permanent aux Laboratoires d’Aubervilliers, il met en scène successivement "Tartuffe d’après Tartuffe", "Bérénice d’après Bérénice" de Racine, "Antigone d’après Antigone" de Sophocle, "Hamlet d’après Hamlet" de Shakespeare et "Woyzeck d’après Woyzeck" de Georg Büchner présenté au Théâtre de la Bastille en 2009.
Ce qui caractérise le travail de Gwenaël Morin et des comédiens qui l’entourent c’est la vigueur, l’insolence et cette limpidité des adaptations et interprétations qui débouche sur une parfaite et immédiate lecture des textes.

© Pierre Grosbois

Le chandelier qui sert d’élément de décor dans "Tartuffe d’après Tartuffe" a été bricolé avec un carré de planche, un tronçon de manche à balai au bout duquel s’élève une chandelle fixée par deux ou trois tours de papier d’alu. Que demander d’autre à un chandelier que de servir de support à une chandelle. Le Théâtre de Gwenaël Morin est à l’image du chandelier du décor, efficace et ludique pour rendre immédiatement lisible un texte de théâtre.
L’adaptation de "Tartuffe" réduit le spectacle à une heure trente et repose sur une construction d’une belle efficacité. L’insolence est présente et les inventions de mise en scène abondent dans une tonalité bon enfant sans jamais céder à la moindre facilité. C’est un spectacle proche du spectateur, une démarche théâtrale familière avec laquelle on se sent de plain pied. Le jeu des comédiens est tout aussi familier et proche, inventif et drôle. Il faut imaginer un Damis en culottes courtes, le regard buté de sale gosse derrière ses lunettes de myope pour avoir la tonalité générale du spectacle.
Gwenaël Morin poursuit son exploration des classiques dans une toute nouvelle et inventive lecture des textes et dans une énergie, un élan créatif qui font que l’on sort de là ragaillardi et rassuré sur l’avenir du théâtre.
Il faut y aller toutes affaires cessantes. C’est réjouissant.
Francis Dubois

Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette, 75011 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 43 57 42 14
www.theatre-bastille.com

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