Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Jean-Philippe Gaud (Maroc-France)

« Tazzeka » Sortie en salles le 10 octobre 2018.

Elevé par une grand mère fine cuisinière marocaine, Elias est très tôt initié par elle aux secrets culinaires de la cuisine traditionnelle du pays et passionné par cet art et ses secrets.

S’il connaît sur le bout des doigts la confection du tajine et des différentes sortes de couscous, il ne se plaît pas moins à se délecter des noms de recettes « exotiques » même s’il ignore ce qu’est un homard ou des coquilles saint Jacques.

Devenu jeune homme il cuisine pour son oncle qui possède une épicerie-restaurant mais il regrette que celui-ci ne l’autorise pas à innover et à élargir la liste des plats proposés dans son établissement sans prétention.

Bientôt lassé d’une existence trop lancinante et apprenant le départ pour la France de la jeune fille dont il était tombé amoureux, il décide de partir à son tour.

Mais sa situation de clandestin, la difficulté à trouver du travail et à subsister, l’abandon de ses rêves seront autant d’obstacles à ses projets profonds.

Cinéma : Tazzeka

Une histoire d’héritage culinaire nous a été offert tout récemment avec «  La saveur de s r amen  ».

Voilà que cette fois-ci, c’est le cinéma marocain qui traite d’un sujet approchant avec «  Tazzeka » où ce qui anime Elias, le personnage central, c’est un goût marqué pour la cuisine dont il a été saisi dès son très jeune âge.

L’un et l’autre des deux films sont empreints de la même référence au conte même si Jean-Philippe Gaud avec «  Tazzeka  » aborde au cours de son récit des domaines plus sociaux : le départ du pays, les conditions de vie difficiles auxquelles s’expose quiconque s’apprête à vivre sans papiers, la difficulté au quotidien à trouver un travail qui puisse permettre de subsister.

Dans les deux films, le personnage central montre la même passion pour la cuisine.

On pourra reprocher à « Tazzeka » de céder parfois à des opportunités d’écriture, de ratisser trop large dans le choix des sujets abordés et d’hésiter de ce fait entre le film social (la difficulté à s’épanouir dans le Maroc rural pris sous le joug des traditions et de la force de la famille, les conditions de la vie clandestine en France) et le conte de fée (la réussite fulgurante et peu annoncée d’Elias dans un grand restaurant parisien).
Mais le film de Jean-Philippe Gaud emporte l’adhésion grâce notamment au personnage d’Elias interprété avec beaucoup de sensibilité par Madi Belem.

Son jeu tout en nuances favorise l’empathie et entraîne dans son sillage de nombreux autres personnages annexes. Ainsi le fidèle compagnon de galère (sympathique Adama Diop) où l’oncle (le toujours savoureux Abbes Zahmani).

«  Tazzeka  » est un film infiniment sympathique qui finit par trouver sa tonalité en dépit de la disparité de ses sujets abordés et des atmosphères contrastés.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « La chute de l’empire américain »
    Malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une société de livraison. Un jour, il assiste à un hold-up au cours duquel deux des trois malfaiteurs sont abattus,... Lire la suite (18 février)
  • « Les moissonneurs »
    En Afrique du Sud, Free State est le bastion d’une communauté blanche isolée, les Africaners. Au milieu d’une famille de riches éleveurs, catholiques fervents, profondément conservateurs où la force... Lire la suite (17 février)
  • « La liberté »
    Dans la plaine orientale corse, Casabianda est un centre de détention au sein d’un vaste domaine agricole. C’est une prison à ciel ouvert qui n’a rien à voir pour l’essentiel des conditions de vie... Lire la suite (17 février)
  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)
  • « Rencontrer mon père »
    Aujourd’hui Alassane Diago, est devenu un adulte, réalisateur de films. Il décide d’aller à la rencontre de son père qui les a abandonnés, sa mère et lui, sans avoir crié gare, les laissant subitement... Lire la suite (15 février)