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Un film de Mads Matthiesen (Danemark)

"Teddy Bear" Sortie en salles le 7 janvier 2015.

Dennis, trente-huit ans, culturiste professionnel, est un garçon introverti, mal dans sa peau et dans sa morphologie hypertrophiée.

Il vit dans un climat affectif étouffant auprès d’une vieille mère abusive qui régente toute sa vie.

Ces conditions de célibataire dépendant font barrage à l’histoire d’amour à laquelle il aspire.

Son oncle qui a épousé une thaïlandaise, lui propose de prendre des vacances dans le pays de son épouse où les rencontres avec des femmes sont faciles.

Pour que ce voyage soit possible, Dennis prétexte, auprès de sa mère, un déplacement en Allemagne pour un concours de musculature.

Mais le tourisme en Thaïlande ne convient pas à Dennis. Il est sur le point de repartir bredouille quand il rencontre une jeune veuve dont il tombe amoureux et à qui il propose de le rejoindre au Danemark.

Lorsque la vieille mère découvre l’idylle, elle s’y oppose violemment. Mais, peut-être pour la première fois de sa vie, Dennis fait front…

Cinéma : "Teddy bear"

Rien, dans son déroulement, ne fait obstacle au récit de " Teddy Bear ".

Pas plus certaines invraisemblances (comment la mère de Teddy, tellement présente dans la vie de son fils, peut-elle prendre un départ en Thaïlande pour un départ en Allemagne ?) que le recours à des ellipses parfois audacieuses qui font contraste autant avec le lent déroulement de la vie de Dennis dans la petite ville danoise que dans celui de son séjour thaïlandais.

Mads Matthiesen s’applique par une mise en scène méticuleuse à donner à son personnage de géant musclé une réalité d’homme étriqué, vaquant dans un univers réduit qui semble le contenir à peine, où le peu de liberté (de respiration) qu’il glane à l’occasion, se paie aux prix de petits mensonges dérisoires.

C’est l’empathie qu’il a pour Dennis qui semble guider le metteur en scène dans la conduite de son récit et c’est comme si l’impatience qu’il avait à le voir enfin libéré de l’autorité maternelle étouffante l’amenait à faire l’impasse sur certaines séquences (les projets de vie commune avec la jeune veuve sont totalement absents et le retour au Danemark fait brutalement suite à la première étreinte avec elle).

Mais cette construction en apparence déséquilibrée fait tout le charme de ce film.

La structure narrative dans son apparente maladresse, rejoint celle de ce personnage d’homme si imposant par son volume mais si minuscule en lui-même, quand il s’agit de construire sa vie.

Beaucoup de délicatesse dans la narration de ce morceau de vie tout simple.

Francis Dubois

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