Lectures : littérature, poésie, polars, essais, revues

Du côté des polars.

"Tel Aviv suspects", Liad Shoham Vue d’Israël…

Tel Aviv, capitale administrative d’Israël, représentative de cette société israélienne avec ses quartiers riches, aisés et pauvres, ses divisions et ses crimes. La ville structure le récit. Une ville omniprésente. Un sentiment qui pénètre le visiteur dés qu’il pose le pied sur le sol de l’aéroport, happé par les questionnaires, les fouilles et le reste.

L’histoire de ce « polar », « Tel Aviv suspects » est sans héros, sans détective privé mais avec des erreurs de jugement et, surtout, la description d’un système policier et judiciaire qui veut des coupables et des coupables présentables. Une volonté partagée par tous les pays.

Le point de départ de ce premier roman de Liad Shoham est un viol. Commis dans un quartier considéré comme tranquille de Tel-Aviv. Qui est le criminel ? Ziv Névo ? Coupable idéal, sans travail, séparé de sa femme et de son enfant, il est arrêté, poursuivi. Il ne veut pas dire ce qu’il faisait dans ce quartier où se trouve le domicile de la procureure, ni quels sont ses liens avec une bande de truands que la police cherche à faire tomber.

Ses silences le condamnent. Un vieil inspecteur, mis sur la touche par sa hiérarchie, Elie Nahoum, mènera l’enquête pour le faire innocenter. La fin n’est ni happy ni unhappy, elle est le déroulement de la vie.

Liad Shoham est présenté comme un « as du barreau » et comme tel ses plaidoiries sont quelquefois un peu longues, des tirades qui gagneraient en force si elles étaient moins bavardes. Il faut bien que les avocats méritent leur surnom de « bavards ». Mis à part cette critique, la description de cette société israélienne est réussie. L’auteur fait entrer le lecteur français dans ce monde à la fois familier et étrange de ce pays qui tient par certains côtés à notre vieille Europe avec des traits saillants qui lui sont propres.

Nicolas Béniès.

« Tel Aviv suspects », Liad Shoham, 10/18 .

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