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Un film de Michel Leclerc (France)

"Télé Gaucho " Sortie le 12 décembre 2012

A l’époque où les caméscopes ont remplacé les caméras, faire de la télé est devenu à la portée de tous.

Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et quelques autres ne voulaient pas seulement créer une nouvelle télé libre où chacun pourrait s’exprimer. Ils avaient comme ambition de faire la révolution.

C’est à leur initiative que Télé Gaucho est née, chaîne anarchiste et provocatrice, face à une télévision officielle conformiste et réactionnaire.

C’est, à quelque chose près, ce qu’a vécu Michel Leclerc et ses compagnons entre 1995 et 2000 avec "Télé Bocal" et c’est le sujet qu’il a choisi pour réaliser un second film après le succès très mérité du " Nom des gens" en 2010.


L’installation du sujet est très prometteuse, avec un échantillonnage savoureux d’intellectuels engagés dans une démarche utopique, mais résolument déterminés à transmettre leurs convictions propres à bousculer un ordre établi favorisant le plus fort au détriment du faible.

Mais une fois les personnages mis en place, le film de Michel Leclerc n’a plus grand-chose à dire.

Très vite les protagonistes épuisent leur potentiel de drôlerie. Dans des scènes qui se répètent, les répliques d’un dialogue qui se veut pétillant font long feu et malgré le talent des comédiens, on ne peut constater, au fur et à mesure que le fil avance, qu’une lassitude grandissante.

Eric Elmosnino semble très vite déclarer forfait, faute de grain à moudre. Même constat concernant Maïwen en militante radicale. On pouvait compter sur l’abattage de Sarah Forestier mais là encore, sa performance endiablée tombe souvent à plat et pis encore, ses débordements d’énergie qui faisaient mouche dans " Le nom des gens" se font lassantes.

Y avait-il, sur ce thème, matière à faire un film de la tenue de " Le nom des gens"  ? Le sujet que Michel Leclerc connaissait bien pour avoir lui-même vécu ces aventures lui a-t-il filé entre les doigts parce qu’il lui était trop familier ?

Si le film ne pouvait reposer uniquement sur un récit choral, sans narration véritable, l’histoire de Victor, jeune homme à la fois inventif et naïf qui monte à Paris pour devenir adulte ne suffit pas à habiter le récit.

Le personnage n’est pas assez charismatique et construit pour cela et très vite, Victor, au lieu de sortir du lot, va rejoindre les autres protagonistes, en augmenter le nombre sans apporter de bouffé d’oxygène au film.

On aurait aimé aimer ce film, être aussi séduit par celui-là qu’on l’a été par le précédent. Mais c’est comme si le réalisateur était parti dès les premières séquences sur une fausse piste et qu’il lui avait été impossible par la suite, de redresser la barre.

Gageons que le prochain film de Michel Leclerc saura lui restituer tout son talent pour raviver de nouvelles aventures et que la drôlerie dont il est capable de faire preuve sera, cette fois, au rendez-vous.

Francis Dubois

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