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Un documentaire de Clara Bouffartigue (France)

"Tempête sous un crâne" Sortie en salles le 24 octobre 2012

La classe de quatrième C du collège Joséphine Baker à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, regroupe parmi la grosse vingtaine d’élèves qui la composent, des adolescents aux profils contrastés. On y trouve l’insolent récidiviste, le chahuteur mégalo, le turbulent sympathique, le "blagueur", la tête de mule, mais aussi, en retrait, le timide et l’enfant sage.
Ces enfants qui sont capables du meilleur, ont une chance inouïe.
Ils ont deux professeurs formidables. L’une leur enseigne le Français et l’autre, les Arts plastiques et elles mènent auprès d’eux, dans le tumulte, dans le risque permanent du conflit, dans la difficulté à se faire écouter de tous, un travail de fourmi.
Quoique très différentes, elles ont chacune à sa façon, trouvé le ton qui sied, ne haussant jamais la voix, cherchant la complicité avec leurs élèves sans jamais tomber dans la démagogie. Cet acharnement, la volonté d’atteindre leurs objectifs, l’audace dont elles font preuve en mettant la barre haut dans leurs choix d’enseignement, leur façon de respecter les enfants par l’exigence et la confiance qu’elles leur témoignent sont payés de retour. Et même si chacun des adolescents reste prisonnier de son personnage, on sent, au fur et à mesure que l’année avance, les relations s’adoucir, une sorte d’apaisement se produire.
Et surtout, après un long travail de "défrichement", le résultat devient palpable et le moment venu, les enfants se débarrassent de leur carapace, de leur pudeur et se jettent à l’eau pour réaliser leur portrait en fil de fer à la façon de Calder et en être fiers ou pour écrire un poème à la manière de Rimbaud et le lire presque sans minauder, face à leurs camarades.
On est loin du démagogique "Etre et avoir", loin de l’authenticité maline et du pessimisme d’ "Entre les murs".
Ici, aucun effet, pas de personnage d’enfant privilégié et les enseignants ne sont là que pour conduire leur action et aboutir...
La caméra de Clara Bouffartigue est aussi douce, patiente et volontariste que le sont les deux professeures et, ici et là, au moment où on s’y attend le moins, l’émotion s’invite et, avec elle, le film s’élève et fait de cette rencontre entre des individus hostiles, revanchards déjà revenus de tout et des adultes responsables qui ne se placent pas en face d’eux, mais avec eux,
un bel exemple de "pacification" fructueuse.
C’est beau, c’est bien fait, c’est chaleureux. C’est, du point de vue technique, du vrai cinéma et ça fait chaud au cœur.
Francis Dubois

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