AESH

Temps de travail et rémunération des AESH Le ministère n’est pas au rendez-vous !

Quatre mois et demi après l’installation du comité de suivi, la première des deux réunions prévues sur le sujet du temps de travail et des rémunérations s’est tenue le 9 juin 2020. La déception de l’ensemble des organisations syndicales a été grande : l’ordre du jour précis de la réunion, communiqué la veille, indiquait que cette réunion devait porter sur "un bilan relatif au temps de travail et à la rémunération des AESH". Ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées :

La délégation de la FSU (SNES-SNUipp-SNUEP), dont deux AESH, a rapidement dit que ce bilan chiffré était intéressant, qu’il méritait d’être analysé et discuté, mais que ce n’était pas l’urgence. Pour la FSU, la situation des AESH en matière de temps de travail et de rémunération se résume à deux nombres. La quotité de travail moyenne des 95 523 AESH recensés en décembre 2019 s’établit à 62% et leur indice moyen à 330. Ces deux valeurs permettent de calculer le salaire brut moyen : 959 €. Ce qui donne un salaire net de 770 € à comparer au seuil de pauvreté à 60% qui s’établit à 1015 €.
Le constat est dramatiquement simple : les AESH sont sous employé.e.s et sous-payé.e.s.
Or, à ce jour, les seules pistes qu’évoque la DGRH, concernent l’élargissement des missions et la multiplication des contrats. Pour faire tendre les quotités travaillées vers 100%, les AESH devraient accepter d’exercer, en plus de leur mission aujourd’hui exclusive d’accompagnement d’élèves en situation de handicap, des missions d’aide administrative aux directions d’école ou du périscolaire. Pour la FSU, ces pistes vont à l’encontre de la nécessaire professionnalisation des missions d’AESH et de leur reconnaissance. Nous avons des propositions qui vont dans ce sens : mieux prendre en compte les tâches connexes, mieux suivre les préconisations d’accompagnement, redéfinir les obligations de service et avant tout, relever la grille indiciaire.
Nous avons une fois de plus dénoncé cette grille qui, du fait des hausses annuelles du SMIC, qui sont pourtant notoirement insuffisantes, est écrasée par le bas et dont le plafond est ridiculement bas. Au premier janvier 2020, le niveau plancher à été relevé à l’indice majoré 329. Sachant que le niveau 2 est à l’indice 330, que se passera-t-il le premier janvier 2021 ?

Cette réunion a donc montré que le ministère est toujours incapable de faire des propositions sonnantes et trébuchantes pour augmenter les quotités de travail et les rémunérations. C’est malheureusement la preuve que, contrairement aux belles paroles, ni la rue de Grenelle, ni Bercy, ni Matignon, ni l’Élysée n’ont pris la mesure de l’urgence qu’il y a à améliorer réellement la situation des AESH !

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