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Un film de Stéphane Demoustier (France).

"Terre battue" Sortie en salles le 17 décembre 2014.

Licencié par la boîte où, pourtant, il avait "fait du chiffre", Jérôme, un cinquantenaire résolument optimiste, espère rebondir en créant sa propre société dans un domaine où il excelle, la grande distribution.

Ses projets ambitieux inquiètent Laura, son épouse qui a les pieds sur terre et qui, lassée d’une vie conjugale sans relief va, malgré les circonstances peu favorables, annoncer son départ de la maison.

Jérôme affligé par le bilan négatif de sa vie se rabat alors sur les ambitions de son fils de onze ans

doué pour le tennis et pour qui son coach envisage une sélection en finale qui lui permettrait d’intégrer le Centre national d’entraînement de Roland Garros.

Cinéma : "Terre battue"

Stéphane Demoustier a beaucoup pratiqué le tennis quand il était enfant. Il avait même atteint les prémisses d’un haut niveau et son film bénéficie largement de son expérience personnelle.

Tout ce qui a trait à la discipline (matchs, entraînements, rivalités entre bons joueurs, coulisses et comportement du coach) donne lieu aux meilleurs moments du récit.

Qu’il ait écrit le personnage de Jérôme en pensant à Olivier Gourmet ne surprend pas. Si le rôle a été conçu pour lui, le comédien s’en empare avec une "vérité" de chaque instant. Il est ici, au meilleur de sa forme.

Cependant le scénario aurait dû s’en tenir à ses deux points essentiels : le chômage, la tentative de rebond de Jérôme et les ambitions sportives de l’enfant.

Est-ce pour étoffer le personnage de Laura que Stéphane Demoustier a eu recours au départ subit de la mère et à ses conséquences ?

Fallait-il, puisqu’il bénéficiait de la présence au générique de Valeria Bruni-Tedeschi (de plus en plus convaincante de film en film) lui offrir autre chose qu’un rôle en arrière-plan du récit ?

Pas certain que la comédienne n’aurait pas su tirer profit de quelques séquences de la vie ordinaire d’une épouse un peu lasse.

Trouvait-il la dramaturgie de son scénario un peu faible pour le faire dériver sur la fin, du côté du drame ?

A "charger la barque" de son histoire, il finit par se disperser et à réduire du film la portée sociale qui en représentait l’intérêt majeur.

Les rajouts dont il croit nourrir son récit, au contraire de l’enrichir, l’affaiblissent et les personnages du père et de l’enfant fort bien écrits et interprétés se dissolvent dans un trop plein narratif regrettable.

Les amateurs de tennis et ceux qui considèrent Olivier Gourmet comme un grand comédien dont il ne faut pas manquer une performance verront " Terre battue " avec certainement beaucoup de plaisir.

Francis Dubois

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