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Un film de Pierre-Yves Vandeweerd (France- Belgique)

"Territoire perdu" Sortie en salles le 30 novembre 2011

Le Sahara occidental est aujourd’hui découpé en deux parties. De part et d’autre du mur de 2400 kilomètres qui le traverse, se trouve un territoire occupé par le Maroc et un autre sous contrôle du Front de Libération du Sahara occidental.
Avec son film, Pierre –Yves Vandeweerd a voulu témoigner de la situation mal connue, sinon méconnue, d’un peuple pris en étau entre les deux.
"Territoire perdu" qui traite de la situation du peuple sahraoui est le dernier volet d’une trilogie qu’il a réalisée à la suite du "Cercle des noyés" et des "Dormants" ayant pour cadre le territoire sahélien.

Qui sait aujourd’hui que les Sahraouis, peuple de culture et de tradition nomades vivent ou survivent, pour la majorité d’entre eux en exil, dans des camps de réfugiés situés sur un morceau du Sahara algérien, depuis 1976 ?
"Territoire perdu" a la mérite de faire la lumière sur la situation de ces communautés pas seulement réduites à l’exil mais également persécutées, soumises à la sédentarité et en état de constant danger. Un peuple dépossédé de sa culture et menacé, malgré un cessez-le-feu datant de 1991 qui maintient néanmoins le Maroc et le Front Polisario dans une guerre latente sans qu’une solution politique tranchée ne parvienne à aboutir et sans que le communauté internationale ne prenne véritablement le problème en compte et ne s’en émeuve.
Le film débute par les descriptions de la menace et de la cruauté aveugle dont sont l’objet les sahraouis tenus de monter leurs campements à proximité des oueds pour survivre.
Menaces de toutes sortes qui contraignent les hommes à déserter les camps et à laisser les femmes et les vieillards gérer seuls des situations économiques difficiles.
Les récits que font ces hommes et de ces femmes de leur exil, de leur lien à la terre et au territoire en tant que nomades, font prendre conscience de leur enfermement tant physique que mental.
Pierre-Yves Vandeweerd a voulu traiter un sujet politique à travers une recherche cinématographique inventive pour ne pas dire maniérée, tant dans la narration pure que dans le traitement de l’image et du son.
Sa façon de filmer les protagonistes de façon picturale dans des postures de penseurs ou de résignation, un noir et blanc un peu apprêté, donnent parfois dans un esthétisme qui éloigne du sujet de départ. Les récits en voix off sur fond des visages filmés frontalement tendent à sublimer le propos mais était-ce la meilleure façon de procéder pour maintenir l’attention du spectateur sur un motif ciblé ?
"Territoire perdu" est un bel objet cinématographique dont il émane nostalgie et désespoir et qui pourra servir de support à des débats sur un problème dramatique qui, en ce début de siècle est totalement tombé aux oubliettes, peut-être parce que ce peuple bafoué ne représente, ni pour les uns ni pour les autres, un enjeu économique.
La fragmentation du film en chapitres : "Les camps", "Le mur", "La résistance" structure le film et le rend à sa destination d’œuvre engagée et militante.
Francis Dubois

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