Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Kamen Kalev (Bulgarie-France)

"Tête baissée" Sortie en salles le 14 octobre 2015.

Lorsqu’il est arrêté pour trafic de fausse monnaie entre la Bulgarie et la France, Samy, un ancien repris de justice, se voit proposer par la police française un marché qui, s’il le mène à bien, lui vaudra de ne pas être inculpé.

Sa mission est d’infiltrer la redoutable mafia bulgare du proxénétisme afin de remonter les filières.

Une mission de haut risque. Samy a-t-il les épaules assez solides pour y parvenir ? Car, en dépit des apparences qu’il se donne, l’homme montre les signes d’une certaine fragilité.

Il sera d’autant plus exposé aux dangers de sa mission qu’il décide de voler au secours d’Elka, une très jeune prostituée qui a éveillé chez lui de tendres sentiments et qu’il voudrait voir sortir des griffes du réseau.

Le film de Kaman Kalev mêle plusieurs registres : il est à la fois un thriller convaincant, un portrait social de la Bulgarie, une histoire d’amour qui ne s’avouera jamais vraiment et qui ne sera jamais consommée.

Les trois sont menés de front avec une certaine virtuosité, une construction qui permet à chaque sujet d’exister pleinement, d’exprimer sa singularité et d’entraîner le récit global, à chaque fois, vers de nouveaux niveaux de réflexion.

La singularité du film tient aussi au choix de Melvil Poupaud pour incarner Samy.

Bien que le comédien ait "forci" et qu’il soit d’un bout à l’autre crédible, sa stature n’est pas celle qu’on pouvait imaginer pour incarner un homme qui allait devoir se mesurer aux gros bras de la mafia.

Pourtant, le personnage prend. Peut-être parce que le scénario n’en fait au départ ni un héros ni un surhomme et qu’au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire, on en reste toujours à s’interroger sur le raisons qui ont amené Samy à accepter cette mission pour laquelle il n’était pas taillé.

Est-ce pour échapper à la justice, à une lourde condamnation et tenter le tout pour le tout, même s’il est conscient que le risque est grand et que ses chances d’aboutir sont infimes ?

La force de persévérer lui vient-elle de sa rencontre avec Elka que, pour des raisons obscures d’abord qui se clarifieront par la suite mais qui ne se préciseront jamais totalement, il veut tirer d’affaires ?

Attirance amoureuse ou l’occasion pour lui de commettre une bonne action (il en donnera la preuve quand, au moment de livrer une cargaison de jeunes filles, il se ravisera et fera demi-tour).

Cinéma : tête baissée

Samy restera jusqu’au bout le personnage complexe que relaie magnifiquement Melvil Poupaud avec en alternance des moments de bravade et des bouffées de tendresse et d’émotion.

Et la crédibilité du personnage est sans doute renforcée par le fait que peu de choses sont dites sur son passé et que si on s’interroge à son propos, on peut aussi bien imaginer qu’il fut un malfrat de petite envergure ou qu’il appartient à cette catégorie d’hommes qui, par ruse ou par instinct, peut longtemps passer entre les mailles du filet.

Une histoire d’amour singulière tout autant qu’une plongée dans les réseaux de prostitution des pays de l’Est…

Une belle photo et, pour donner la réplique à Melvin Poupaud, une interprète novice étonnante. .

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Roads »
    Gyllen est un garçon de tout juste dix-huit ans, originaire de Londres, parti avec sa famille pour des vacances au Maroc. On ne saura pas très bien les raisons pour lesquelles il décide de fausser... Lire la suite (16 juillet)
  • « Her smell »
    Bercky Something est une superstar du rock des années 90 qui a rempli les stades avec son Girls band : « Something She » Lorsque ses excès, ses caprices de vedette adulée finissent par mettre en... Lire la suite (15 juillet)
  • « Persona non grata »
    José Nunes et Maxime Charasse sont des amis de longue date et associés minoritaires dans une entreprise de BTP momentanément en difficulté. Face à la nécessité de protéger leurs intérêts, ils décident... Lire la suite (14 juillet)
  • « L’oeuvre sans auteur »
    A Dresde, en juillet 1937, un enfant, Kurt Barnet visite avec sa tante Elisabeth l’exposition sur « l’art dégénéré » organisée par le régime nazi pour lesquels les représentants notables sont entre autres... Lire la suite (14 juillet)
  • « Le voyage de Marta »
    Marta que son père à invitée avec son jeune frère pour des vacances au Sénégal dans un complexe touristique avec excursions et animations, s’ennuie ferme mais prend son mal en patience. Elle traîne sa... Lire la suite (13 juillet)