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Un film de Phillip Noyce (USA)

"The Giver, le passeur" Sortie en salles le 29 octobre 2014.

Dans un futur lointain, les sentiments n’existent plus. L’amour, l’amitié, les émotions en général sont totalement absents des relations entre les hommes.

Toute trace d’Histoire a disparu.

Seul le "giver", dans la forteresse tapissée d’ouvrages où il vit cloîtré, hanté par les souvenirs de la douleur et de la peine, a la lourde tâche de garder un lien avec le passé.

Au moment de distribuer leur fonction à des nouveaux membres qui règneront sur cette société dépersonnalisée, le jeune Jonas est désigné pour devenir le nouveau dépositaire de la mémoire.

Alexander Skardgärd, le père de Jonas, est chargé de veiller sur la nursery. Il est le responsable des besoins physiques et émotionnels des nouveaux nés dans les premiers mois de leur vie.

Ceux chez qui on aura perçu les signes d’une défaillance physique ou émotionnelle seront soumis à "l’écartement", la mort par injection afin de ne garder vivants que ceux qui seront jugés aptes à poursuivre la ligne dictée par la société.

Pourtant, en dépit de la disparition des sentiments, Jonas va ressentir les signes d’attachement pour Fiona.

Cinéma : The Giver

Le roman de science-fiction de Lois Lowry dont le film est l’adaptation, a été vendu à plus de 10 millions d’exemplaires à travers le monde. Il figure parmi les dix meilleures ventes e-Book de Harper Collins et aujourd’hui, cette fiction pour "jeunes adultes", est au programme dans les collèges aux Etats-Unis.

Le film de Phillip Noyce respecte les codes de la science-fiction sans jamais verser dans l’excès et le spectaculaire. Les décors futuristes ne sont, pour quelques-uns d’entre eux, pas très éloignés de certaines de nos cités pavillonnaires. La nursery ou les salles de réunions n’apparaissent pas comme des lieux très éloignés de ceux de notre époque.

Les technologies utilisées dans le récit ne sont pas effrayantes. Seuls, certains décors d’ensemble et quelques engins de prospection volants donnent au récit une vraie dimension futuriste.

Si " The Giver " se présente comme un film d’action d’envergure, il sait rester à dimension humaine et c’est cette répartition des genres qui fait sa singularité et donne au final, une œuvre d’anticipation à part.

Lorsque Jonas fuit la communauté avec le bébé qu’il veut sauver de "l’écartement", il se retrouve aux prises avec des milieux hostiles, à devoir lutter contre les éléments, à passer des obstacles considérables.

Mais alors, l’environnement, au lieu de prendre une dimension fantastique, respecte souvent la réalité des paysages et conserve au héros toute sa sensibilité de jeune homme déterminé.

De même, le vieux passeur, s’il garde une apparence de mentor, sait laisser apparaître dans sa façon d’être les figures amicale et paternelle.

Voilà un film qui, par son ampleur narrative et le respect des codes, ne décevra pas les amateurs de science-fiction et qui séduira, parce qu’il leur restera accessible, les spectateurs peu sensibles à ce genre cinématographique.

Jeff Bridges est magnifique en vieux Giver, Meryl Streep magistrale en Chef Elder. On ne pouvait imaginer meilleur interprète que Brenton Thwaites pour Jonas. Quant à Odeya Rush qui joue Fiona, on comprend qu’elle puisse faire renaître le sentiment amoureux là où il avait disparu…

Francis Dubois

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