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Un film de Hilla Médalia (Israël)

"The Go-Go Boys" Sortie en salles le 22 octobre 2014

"The Go-Go boys" retrace la formidable épopée de Menahem Golan et Yoram Globus, deux cousins israéliens devenus producteurs de cinéma et qui, dans leur poursuite du rêve américain, ont mis la main sur Hollywood, produit plus de trois cents films et régné sur l’une des sociétés de production indépendantes les plus puissantes – ’’La Cannon’’. culture - cinéma "Go-Go Boys" Hilla Médiala a réalisé un documentaire qui repose sur la relation complexe des deux hommes, de personnalités contrastées, dont l’association aura été le moteur de leur réussite et contribué à leur chute.
Toute une génération de spectateurs a grandi avec les films qu’ils ont produits et les titres célèbres que le cinéma doit à "La Cannon’’ ("Massacre à la tronçonneuse 2","Runaway train", "Exterminator 2"…) ont laissé une telle empreinte qu’ils ont poursuivi leur vie auprès des générations suivantes, via la vidéo ou les dvd. Golan et Globus, arrivés dans la production avec les années 70 ont inventé une nouvelle façon de commercialiser les films et les gros succès qu’ils ont connus aux quatre coins du monde, ont permis aux deux cousins de réinvestir dans un cinéma d’auteur auquel ils étaient cependant attachés.
Ils ont pu offrir une grande liberté de production à des cinéastes comme John Cassavetes ("Love Streams"), Andrey Konchalovsky ("Maria’s lovers"), Liliana Cavani ("Berlin affair"), Franco Zefirelli ("Otello") ou Jean-Luc Godard ("Le Roi Lear")…
Mais il aura suffi de quelques échecs successifs pour mettre sur le flanc leur société de production. La séparation des deux cousins leur aura sans doute asséné le coup de grâce.

Si dans son premier tiers, "The Go-Go boys" se présente un peu comme un catalogue des films produits par la Cannon, si les images se succèdent à un rythme accéléré, dans sa deuxième partie, en approchant les deux protagonistes, le film adopte une tonalité plus personnelle, plus humaine.
Les personnages se dessinent, les témoignages se multiplient et on se retrouve partagés entre deux sentiments : une certaine irritation face à une autosatisfaction dérangeante et une admiration face à la ténacité des deux cousins et sans doute, à leur authentique amour du cinéma.
Car si leur cinéma est le moyen pour eux d’accumuler les millions de dollars, on détecte un sens du jeu, un goût du risque et la satisfaction de pouvoir aider des cinéastes plus fragiles et plus créatifs.
Leur attitude face à Godard, Zeffirelli ou Cassavetes tient-elle à une sorte de paternalisme, au plaisir de mettre à leur actif des films d’auteurs, de soigner leur image ou à un réel penchant pour un cinéma qui se différencie des grosses machines promises au succès en salles.

Lorsque le temps vient où le monument se craquèle, les géants, quoique atteints, ne perdent pas pied pour autant. La détermination de rebondir reste entière pour Golan qui fait construire de nouveaux studios en Israël et dit détenir un scénario d’une telle qualité que le film qui en résultera aura droit à de prochains honneurs cannois et qu’il sera, avant même la première image, une prochaine palme d’Or…

Un documentaire passionnant sur le monde du cinéma.
Francis Dubois

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