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Un film de Stephen Daldry (Royaume Uni)

"The Reader" Sortie en salles le 15 juillet

Dans l’Allemagne de l’Ouest de l’après-guerre, Michael Berg, un adolescent, devient l’amant de Hanna, de vingt ans son aînée. Leurs rencontres régulières passionnées se doublent du plaisir de la lecture. Michael devient le lecteur et Hanna l’auditrice attentive de "l’Odyssée", de "Huckleberry Finn" ou de "La dame au petit chien".
Mais un jour, sans crier gare, Hanna disparaît.
Quelques années plus tard, dans le cadre de ses études de droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. C’est alors qu’il reconnaît Hanna sur le banc des accusés…
Le livre de Bernhard Schlink, "Le liseur", publié en 1995, qui a suscité autant de louanges qu’il à connu de détracteurs, fut un gros succès de librairie. Il fut considéré par ses défenseurs comme une œuvre nécessaire pour comprendre l’histoire de l’Allemagne au point d’être utilisé dans certaines écoles. SNES_TheReader
La première partie du film, qui montre avec pudeur et sensibilité mais sans grande originalité la rencontre entre les deux protagonistes et les élans de la passion, porte pourtant, sous-jacente aux clichés peut-être inévitables, une force retenue, une sorte de menace dont on reconnaîtra les effets dans la seconde partie, quand Michael, devenu un brillant étudiant en droit, retrouve sur le banc des accusés celle qui fut son initiatrice et son amante passionnée.
Pour trouver son vrai intérêt au film, il faut considérer essentiellement le personnage d’Hanna.
Hanna est une femme rude et entière, une amoureuse, mais elle porte en elle une rigueur, une fidélité infaillible au devoir qu’on lui a confié. A la question qui lui est posée de savoir pourquoi elle n’a pas dénoncé les crimes de guerre dont elle avait connaissance, elle répond qu’elle avait un devoir à accomplir et que si elle y avait manqué, elle aurait manqué à la mission pour laquelle on l’avait désignée. Du coup, ce qui se passait d’atroce sous ses yeux n’était nullement de son ressort et le sens du devoir, son devoir d’obéissance la protégeaient de tout engagement personnel.
Et c’est peut-être à travers l’exécution du devoir fut-il atroce, que sont posées, dans ce film, les vraies questions sur la faute, sur le jugement et les limites de la culpabilité.
Si les films sur le sujet traitent habituellement de la responsabilité des officiers SS et des leaders de la gestapo, "The Reader" a la particularité de faire la lumière sur la masse des gens ordinaires qui n’ont été que des exécutants de second plan mais qui, par leur soumission, ont rendu l’holocauste possible.
Quelle fut, dans le contexte, la part de responsabilité des 900 000 membres que comptait la SS en 1943. On sait que les chemins de fer employaient des centaines de milliers de citoyens dont un grand nombre avaient travaillé sur les lignes où roulaient des wagons à bestiaux remplis de juifs dont ils ne pouvaient pas ignorer les destinations ou encore à la maintenance des camps où le spectacle au quotidien devait être éloquent…
"The Reader" est un film efficace qu’une première partie un peu trop romanesque et attendue ne prive cependant pas de sa force.
Francis Dubois

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