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Un film de Michel Hazanavicius (Franco-anglais-russe-tchétchène)

"The Search" Sortie en salles le 26 novembre 2014.

" The Search " se situe au cours de la seconde guerre de Tchétchénie, à la fin de l’année 1999.

Le récit englobe quatre destins qui, dans les circonstances douloureuses, vont être amenés à se croiser.

Hadji est un petit garçon de neuf ans qui, après avoir assisté à l’assassinat de ses parents, échappé par miracle au massacre, prend place sans trop comprendre dans la débâcle générale.

Sa rencontre avec Carole, une jeune chargée de mission pour l’Union européenne va le faire progressivement revenir à la vie et lui permettre de recouvrer la parole.

Raïssa, la grande sœur d’Hadji, elle aussi échappée au massacre, va partir à la recherche de son frère parmi les civils en exode.

Kolia, un jeune russe de dix-neuf ans, est enrôlé dans l’armée. Dans un premier temps, horrifié par la guerre, il va petit à petit, devenir ce qu’on attendait de lui, un combattant convaincu.

Après deux " OSS 117 " et " The Artist " largement couronné, Michel Hazanavicuis a voulu, aidé par ses succès précédents avec le soutien de son chanceux producteur Thomas Langmann, accuser un vrai virage dans sa carrière.

C’est tout à son honneur d’avoir pris ce risque alors qu’il aurait pu rester confortablement dans la comédie et la légèreté qui lui allaient bien.

"The Search" est tout le contraire de ses réalisations précédentes. C’est une fresque guerrière puissante et ambitieuse.

Le sujet difficile qu’il traite, le choix du déroulement narratif exposaient le film à se tenir en retrait de ses succès.

Les compteurs remis à zéro, il ne lui restait plus qu’à relever le défi.

Cinéma : "The search"

Après une introduction violente qui pouvait augurer d’un récit qui, dans la tonalité d’une vaste fresque guerrière, allait rendre compte du martyr tchétchène, le film déçoit très vite en dépit d’une image ample et de moments d’émotion - Lorsque le récit devenu plus intime et observateur s’attarde sur les visages et les attitudes d’un peuple anéanti et résigné.

Si la partie "documentaire" (très peu présente dans le déroulement narratif général) est convaincant, le film souffre d’osciller sans cesse entre le romanesque et le réalisme, donnant tour à tour l’avantage à l’un et à l’autre, sans jamais trancher.

L’image du gamin seul au milieu du désastre, affamé, offert à tous les dangers, malgré le contexte qui le menace, malgré le désarroi exprimé (le jeune interprète du rôle est magnifiquement dirigé) reste cantonnée dans l’anecdote.

Il le sera plus encore quand, recueilli par Carole et partageant la vie de la jeune militante, il va se laisser apprivoiser comme un petit animal, recouvrer la parole et qui, plus est, se mettre à lui répondre en français.

L’image de Raïssa jeune fille portant dans ses bras son bébé de frère n’a rien à envier à celle d’Hadji même si dans ses loques et avec son expression de misère, on sait que dans la logique narrative du film, elle marque à chaque fois des points dans des retrouvailles avec celui qu’elle recherche.

Le soldat Kolia, soumis à la dure école de l’armée russe, devra pour faire ses preuves vis-à-vis de ses supérieurs et cesser de passer pour un" pédé", battre à mort une jeune recrue aussi innocente que lui, lorsqu’il a été enrôlé.

Il n’est pas dit que ces scènes ne soient pas conformes à une terrible réalité mais c’est la façon dont le film en rend compte dans son déroulement, qui en trahit l’authenticité, peut-être en lorgnant un peu trop du côté du mélodrame.

Quant au personnage de Carole, il se tient à deux doigts, mais pourtant toujours à côté de la vraisemblance.

Sont-ce les dialogues qu’on lui fait dire, frisant le ridicule ou le risible quand elle s’adresse au petit garçon ; est-ce dans ses convictions de militantes exprimées, mises à rude épreuve par les décisions prises en haut lieu ; est-ce dans l’interprétation délibérément farouche de Bérénice Bejo, mais il y a dans les élans du personnage quelque chose d’artificiel.

" The S earch " est un film auquel on aimerait trouver des qualités de bout en bout, ne serait-ce qu’à cause du sujet qu’il embrasse.

Mais à chaque fois qu’on est sur le point d’être convaincu, une faiblesse survient et même les morceaux de bravoure n’y résistent pas.

Francis Dubois

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