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Un film de Michel Gondry (France)

"The We and the I" Sortie en salles le 12 septembre 2012

Michel Gondry est un cinéaste difficile à classer, qui va d’un documentaire sur sa tante institutrice de village ("Une épine dans le cœur") à un blockbuster estival en 3D ("Le frelon vert") en passant par quelques films plus personnels ("Eternel sunshine...") ou des pubs avec ...George Clooney.

Reprenant une thématique déjà exploitée dans "Soyez sympa, rembobinez", il nous conte le dernier trajet en bus, avant les vacances d’été, d’un groupe d’élèves d’un lycée du Bronx.

C’est après sa rencontre dans un bus parisien avec un groupe de lycéens que Michel Gondry a décidé d’étudier l’effet du groupe sur l’individu. Pour cela il s’est installé dans un centre d’activité du Bronx et à partir d’un scénario d’une vingtaine de pages, pendant trois ans il a conduit des entretiens avec les participants. Chaque jeune comédien devait raconter son histoire et être au moins une fois dans le cadre. Ce qui à l’écran a l’air improvisé, s’avère en réalité très écrit.

Filmé presque entièrement dans un lieu unique, le bus BX66, le groupe est au départ insupportable, trop bruyant, trop tyrannique.

Mais à mesure que le bus se vide, la personnalité des individus émerge avec leur besoin d’amour, de solidarité pour lutter contre un avenir pas toujours radieux. Et entre texto et vidéos échangés, le monde extérieur viendra se rappeler douloureusement à eux.

Accompagné d’une bande son impeccable, Michel Gondry fut batteur du groupe pop Oui-Oui, ce film aux allures de documentaire, nous rappelle que seul ou en groupe, l’adolescence est une période difficile à traverser. Offerte à toutes les dérives, des plus potaches jusqu’aux plus cruelles.

Le tour de force, la maestria de la réalisation tient pour beaucoup au fait que l’action se situe essentiellement dans l’habitacle d’un bus et que "l’action ", tension et suspens compris, n’en pâtisse pas, bien au contraire.

Un exercice de style mais aussi un film passionnant et un regard juste sur les frontières fragiles entre le quotidien anodin et le drame.

Une franche réussite.

Francis Dubois

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