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Un film de Giuseppe Tornatore (Royaume-Uni)

"The best offer" Sortie en salles le 16 avril 2014.

Virgil Oldman est un commissaire-priseur de renom.

Célèbre dans le milieu de l’art, ce vieux garçon solitaire et misogyne possède dans une pièce forte de sa demeure, une impressionnante collection de tableaux qu’il a constituée au fil des années et qui sont, pour la plupart, des portraits.

Un jour, une mystérieuse cliente le contacte pour opérer une expertise dans la vieille maison où elle vit cloîtrée depuis des années.

Dans un premier temps, Virgil décline la proposition mais, intrigué par la personnalité de sa mystérieuse interlocutrice avec qui il ne communique qu’au téléphone ou derrière une cloison, il se ravise.

Lorsqu’il la voit pour la première fois et qu’il découvre une jolie jeune fille, le vieux garçon qu’il est tombe sous son charme…

Alors que la relation avec Claire évolue de jour en jour, Virgil réunit les éléments d’un automate que son jeune ami Robert, dans son atelier où il a la réputation de tout réparer, s’est promis de reconstruire.

Mais qui est cette étrange femme naine, habituée du bistrot qui fait face à l’habitation de Claire et qui raisonne essentiellement en chiffres et en règles mathématiques…

Tout comme Robert qui, pièce après pièce, donne forme (et vie) à l’automate, Giuseppe Tornatore construit son récit avec une précision d’orfèvre.

Autour du personnage du vieux célibataire qu’il remodèle et tient hors de l’archétype, il tisse avec les autres personnages et des situations qui, insensiblement, distillent une impression de mystère, une histoire d’amour aux allures de triller.

Les personnages autour de Virgil sont limpides. Ainsi celui de son vieux complice Billy (étonnant Donald Sutherland) avec qui il travaille depuis des années pour débusquer des œuvres rares. Ainsi Robert, le jeune bricoleur de génie qui inspire à Virgil des sentiments presque paternels et avec qui il a un projet qui lui tient à cœur.

Lorsqu’elle apparaît enfin sous l’aspect d’une douce jeune fille que tout ce qui est extérieur à sa chambre terrorise, Claire prend Virgil de court et les longues années de misogynie qui l’ont tenu éloigné de toute relation féminine passent en quelques instants à la trappe.

Virgil tombe amoureux et l’événement modifie sa personnalité, change totalement son rapport à la vie, au monde et aux autres.

Car "The best offer" est, avant tout, une histoire d’amour qui ne se démentira jamais, que Virgil même sauvagement trahi, gardera comme le plus bel épisode de son existence.

Il y aura toujours une place près de lui pour Claire.

Le film de Giuseppe Tornatore repose entièrement sur le personnage de Virgil que sert magnifiquement Geoffrey Rush. Il est le centre du motif, à la fois charismatique et étriqué,

monolithique et fragile. Il donne à tout instant l’impression que la carapace en apparence indestructible où il s’est logé, le masque misanthropique qu’il s’est fabriqué, ne sont en réalité qu’une protection. Cependant, il faudra la tempête d’une histoire d’amour tardive pour les anéantir.

Il suffit de voir le personnage perdu au milieu des portraits qui tapissent les murs de sa pièce secrète pour en mesurer la vulnérabilité.

La minutie avec laquelle est construit le mécanisme du récit, la rigueur de la mise en scène, la sobriété du jeu de Geoffrey Rush, vont avec le traitement académique mais très efficace du sujet.

Francis Dubois

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