Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Rick Alverson (États-Unis)

« The mountain : une odyssée américaine » Sortie en salles le 26 juin 2019.

Aux États-Unis, dans les années 50, le docteur Wallace Fiennes a pris Andy, un jeune homme introverti, comme photographe pour documenter sa méthode de lobotomie de plus en plus controversée. Au fur et à mesure de leurs visites d’asiles, Andy, témoin de l’effritement de la carrière et de la vie du Docteur, va insensiblement s’identifier aux patients.

A l’occasion de leur passage dans une petite ville, berceau du mouvement New Age, les deux hommes font la connaissance d’un guérisseur français peu conventionnel et de sa fille....

Cinéma : The mountain

Le film de Tick Alverson est librement inspiré de la vie du neurologue américain Wilter Freeman rendu célèbre pour ses lobotomies controversées, un homme téméraire et visionnaire mais inconscient des conséquences de ses actes.

Le metteur en scène exprime à travers son film la fascination que lui a inspiré la vie de Freeman en même temps que son rejet de l’imagerie romantique des années 50 aux États-Unis.

« The mountain » est peut-être à égalité l’histoire du docteur Wallace, le tracé de ses difficultés à convaincre du bien fondé de recherches controversées et un objet cinématographique réflexif, un film qui inviterait à considérer sa propre forme, un exercice de cinéma qui inviterait le public à réfléchir en amont et le fasse prendre conscience du « corps » du film.

Le tout est de savoir si le pari est gagné et si le sujet du film qui s’apparente à une sorte de biopic, a réussi à s’accommoder d’une forme narrative poussée à la limite du récit d’autant plus que de constantes ruptures de ton vont dans le sens d’un désengagement et finissent par mettre le film sur le rail d’une expérience.

L’expérience médicale et l’expérience cinématographique s’ajoutent-elles l’une à l’autre ou s’annulent-elles ?

Le sentiment de frustration qu’on peut ressentir à la projection de « The mountain  » face à la quasi désincarnation des personnages est-il compensé par la forme expérimentale du film qui, à force de sobriété et d’esthétisme sournois finit par figer le récit et par réduire à des silhouettes les protagonistes du récit ?

Le biopic est une forme cinématographique qui a certes besoin, pour échapper à la linéarité, d’inventer des formes nouvelles.

Il n’est pas certain que la forme choisie par Tick Alverson soit celle qui renseigne le mieux sur le personnage du docteur Wallace et permette au jeune comédien talentueux qu’est Tye Shéridan de donner ici toute sa mesure d’acteur.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Merveilles à Montfermeil »
    Joëlle et Kamel sont en instance de divorce. Ils font tous les deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly. Toute l’équipe travaille activement sur le... Lire la suite (7 janvier)
  • « Les siffleurs »
    C’est au son de « The passenger » interprété par Iggy Pop que l’inspecteur de police Cristi débarque sur l’île de Gomera afin d’apprendre le Silbo, une langue sifflée ancestrale classée au patrimoine... Lire la suite (5 janvier)
  • « Cunningham »
    « Cunningham », le film d’Alla Kovgan, suit la carrière du chorégraphe Merce Cunningham depuis ses premières années comme danseur dans le New-York d’après guerre jusqu’à la révélation et la reconnaissance... Lire la suite (Décembre 2019)
  • « Le miracle du Saint Inconnu »
    En possession de son magot, Amine fuit la police mais, sa voiture tombée en panne, il a tout juste le temps de creuser un trou et d’enterrer le sac contenant les liasses de billets au sommet d’un... Lire la suite (Décembre 2019)
  • « Séjour dans les Monts Fuchun »
    L’histoire de « Séjour dans les monts Fuchun » est celle ’une famille et du temps qui s’écoule au rythme de la nature, du cycle des saisons et de la vie d’un fleuve dans la ville de Fuyang. Le film... Lire la suite (Décembre 2019)