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Un film de Antoine Charreyron (France)

"The prodigies" Sortie en salles le 8 juin 2011

Jimbo Farrar connaît l’existence de cinq jeunes prodiges, des adolescents d’origines diverses dotés d’une intelligence telle qu’ils seraient capables de prendre, à eux seuls, le contrôle du monde.
Il décide de les réunir à New York mais au moment de leur rencontre dans Central Park, ils sont sauvagement agressés et l’une d’eux est hospitalisée dans un état grave.
Aussitôt liés par l’épreuve qu’ils viennent de subir, ils décident de confondre leurs forces pour une vengeance sans limites.
Dépassé par leur détermination, Jimbo devra choisir entre combattre ses semblables ou se rallier à eux et trahir ceux qu’il aime ?
En 1981, le roman de Bernard Lanteric "La nuit des enfants rois", salué par la critique, devient un best seller auprès des jeunes lecteurs.
Vingt ans plus tard le producteur Marc Missonnier achète les droits cinématographiques du livre et envisage une transposition classique du récit, en prises de vues réelles. Mais l’extrême violence de la scène d’agression dans Central Park qui doit justifier le traumatisme des ados et leur désir de vengeance est difficile à réaliser à la caméra.
Au bout de cinq années de développement et la collaboration de plusieurs scénaristes, le projet prend la forme d’un film d’animation et très vite, c’est l’image de synthèse qui s’impose comme le bon moyen de réaliser le film.
New-York doit apparaître fantasmé et stylisé, et les deux scénaristes Alexandre de la Patelière et Mathieu Delaporte s’attèlent au projet. Ils ont écrit des scénarii de films d’animation dont celui de"Renaissance". Ils connaissent bien les contraintes du genre et surtout, ils ont été, jeunes adolescents, de fervents lecteurs de "La nuit des enfants rois"…
De nombreuses difficultés surgissent au moment de transposer le roman en film d’animation et il faut faire l’économie de certains personnages secondaires, retravailler la chronologie des évènements car les ellipses dont s’accommode parfaitement le roman ne fonctionnent plus du tout dans l’option du film d’animation.
Le réalisateur qui s’impose à la production, Antoine Chareyron, a de nombreuses séquences de jeux vidéo à son actif. Son choix, et c’est peut-être la plus grosse qualité du film, va pourtant dans le sens de la captation des émotions. Et cette option qui rend les personnages très humains, parfois touchants, émouvants, contraste avec des scènes d’action explosives très proches de celles qu’on peut voir sur les écrans de jeux vidéo et que les mouvements de caméras 3D rendent encore plus spectaculaires.
Le film, s’il tient à la fois du manga japonais et des comics US, s’en écarte avec la perception que le spectateur peut avoir des personnages. Il prend parfois, dans les scènes de duos, des allures de film intimiste. Et cette coloration humaine de personnages, au lieu de l’atténuer, décuple la violence et ce qu’on tolère dans l’animation classique devient ici, quelquefois intolérable.
Les séquences de violences deviennent insoutenables quand elles concernent des êtres pétris de sentiments, fussent-ils négatifs.
Mais le jeune public à qui s’adresse surtout le film, possède une culture de l’image, et de l’image de synthèse, qui lui permet de rétablir la distance et de réduire à la bonne dimension la cruauté de certaines séquences
Francis Dubois

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