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Un film de Stephen Frears (Royaume-Uni / France)

"The program" Sortie en salles le 16 septembre 2015.

Lance Amstrong est (fut) une véritable légende du sport. Atteint d’un cancer qui le met au bord du gouffre, il vainc la maladie, revient à la compétition sportive et remporte le Tour de France pendant sept années consécutives.

Le fait de cette guérison quasi miraculeuse et ses succès successifs, ajoutés à la création d’une fondation au profit de la recherche contre le cancer et le soutien aux malades, font de lui une véritable icône intouchable.

Devenu l’ami des plus grands du monde artistique et politique, bénéficiaire d’une aura populaire, il est d’autant plus protégé de ses détracteurs.

Mais il a, face à lui, un journaliste irlandais pugnace, convaincu que les performances du champion sont le résultat de substances interdites.

Cinéma : The program

Le premier constat qu’on peut faire devant ce film de facture très classique est qu’il a été réalisé par le talentueux Stephen Frears. Un réalisateur qui semble bien s’être défait, au fur et à mesure de sa carrière, de tout ce qui faisait l’originalité de ses mises en scène.

S’attaquer au biopic d’une "légende" du sport tel que Lance Amstrong qui, en reconnaissant s’être dopé, a été déchu de ses sept titres de champion ne laisse sans doute que peu de place à une originalité de mise en scène.

Le film qu’a réalisé Stephen Frears est efficace, proprement construit. Il bénéficie par ailleurs d’une distribution parfaite parmi laquelle on reconnaît (à peine) Dustin Hoffman et le français Denis Ménochet parfait en manager sensible aux changements de direction du vent.

La carrière d’un champion sportif conduite aux sommets de la gloire n’est pas sans rappeler celle

de certains hommes politiques qui ont perdu toute notion des privilèges qui les protègent de toute attaque et qui, portés par une opinion publique acquise, en font des intouchables et traversent les plus fortes perturbations sans y laisser une plume.

Le scénario, sans doute au plus près de la vérité du personnage, ne fait pas de Lance Amstrong un être sympathique même si certaines scènes le montrent dans des "écarts" humanitaires nécessaires à son image.

Chaque spectateur connaissant l’histoire du champion, il plane sur ses élans les plus généreux, l’ombre de la supercherie et ses épanchements humains prennent parfois des allures de démagogie.

L’histoire de Lance Amstrong est très morale et le film ne l’est pas moins lorsqu’au final il apporte la preuve que toute mauvaise action est un jour ou l’autre punie.

Le mécanisme scénaristique, sans doute fidèlement calqué sur la réalité du personnage et du déroulement de la longue escroquerie, fait quelquefois appel à des articulations attendues. L’amertume et la revanche du coéquipier qui, après avoir largement aidé aux victoires de Lance Amstrong, est laissé sur le bord du chemin par le champion, sont traitées sans nuance.

Il est probable que ce récit linéaire qui va dans le sens de la bonne morale, tout manichéen qu’il soit, plaira au public qui aime bien les histoires de héros et à fortiori quand les statues tombent…

Stephen Frears retrouvera-t-il un jour sa singularité artistique ?

On aimerait bien…

Francis Dubois

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