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Un film de Gareth Evans (Indonésie)

"The raid" Sortie en salles le 20 juin 2012

Jaka appartient à une unité de policiers d’élite. La mission qui incombe à son équipe est de capturer Tama, un baron de la drogue, et ses hommes dont le QG est situé dans un immeuble délabré.

Aucun policier ne s’est jusque-là aventuré dans ce qui est devenu un repaire de tueurs, de violeurs, de cambrioleurs de toutes sortes, à priori intouchables.

Aux petites heures du jour, les policiers pénètrent dans l’immeuble et atteignent sans difficulté le dernier étage où se tiennent Tama et ses hommes.

Mais lorsque l’équipe est proche d’atteindre son objectif, Tama prévenu de la présence policière par un indic, ordonne à ses hommes de fermer toutes les issues et de couper les lumières.

Tandis que les policiers sont piégés au 6ème étage, privés du moyen de communiquer avec l’extérieur, Tama se tient prêt à la riposte…

"The raid" est une production indonésienne mais à aucun moment du récit n’apparaîtront la ville où se situe l’action ou d’autres personnages que ceux qui se trouvent confrontés les uns aux autres, dans de redoutables faces à faces.

Le film est un huis clos mais s’il obéit aux codes du genre policier traditionnel ; si les scènes d’affrontements constituent l’essentiel du récit, si l’on assiste à des duels qui sont autant de démonstrations d’arts martiaux indonésiens, les personnages, derrière les clichés et la cruauté qu’ils développent pour arriver à leurs fins, se dévoilent comme des êtres de chair et de sang, des supermen vulnérables.

Gareth Evans a associé le judo au Silat, art martial indonésien originaire de l’île de Sumatra, qui se rapproche en de nombreux points du Pencat.

Il existe une version dansée du Silat qui se pratique sous une forme rythmée avec bâtons, armes, ou à mains nues.

Reprenant ce que cet art martial seul comporte d’attaques, de parades et d’esquives, Gareth Evans nous donne à voir en même temps que des combats à mort, de vrais moments de chorégraphie et de confrontations "humaines".

Et même si l’on sait d’entrée que Jaka est le héros qui viendra à bout de ses opposants les plus coriaces, les plus aguerris, l’interprétation de Joe Taslin qui est, au départ, champion national de judo, passe avec sa part de vulnérabilité toute humaine, par des phases d’interprétation où l’émotion et le constat d’une vraie fragilité ne sont pas loin.

"The raid" qui est avant tout un film spectacle ne tire pas uniquement ses qualités de ses nombreuses démonstrations. Il s’y faufile ici et là, avec les doutes, les instants de stratégie défaillante, les remises en question, quelque chose qui crée un vrai univers où la violence prend un autre caractère et où la mort rôde avec des airs de vraie fin de vie.

Les amateurs d’arts martiaux apprécieront mais c’est un film où d’autres pourraient reconnaître une vraie œuvre cinématographique.

Francis Dubois

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