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Un film de Masahiro Kobayashi (Japon)

"The rebirth" Sortie le 27 janvier

Une adolescente a poignardé sa camarade de collège pour des raisons qui restent floues et échappent totalement à sa mère. Celle-ci, une très jeune femme est désemparée. Une idée la taraude : elle voudrait rencontrer le père de la victime et s’excuser même si elle sait que la démarche serait dérisoire. Lui, un veuf austère, ne souhaite pas qu’une telle rencontre se produise. L’un et l’autre ont le projet de quitter au plus vite la ville où s’est passé le drame.
Le hasard fait que tous deux choisissent pour refaire leur vie, la même destination, Hokkaido, une agglomération sinistre où leurs activités professionnelles vont les réunir. Nikiro, la mère, est employée dans la cantine d’un foyer où Junichi, le père, loge et prend quotidiennement ses repas.
Une attirance silencieuse va rapprocher ces deux êtres solitaires et désespérés.
"The rebirth" s’ouvre sur les entretiens croisés du père et de la mère, elle derrière le rideau de sa longue frange de cheveux, lui à visage découvert mais offrant à la caméra un visage immuable, sorte de masque que toute expression semble avoir déserté.
L’ouverture loquace du film ne laisse pas présager la suite que n’émaille aucun dialogue et qui n’est que la reprise des scènes quotidiennes qui scandent la vie des deux personnages. Lui qui travaille dans une fonderie fait partie d’un groupe de quatre ouvriers casqués que l’on voit pointer selon les mêmes gestes à chaque fois. On le voit prendre son bain dans la salle de bain collective, se rendre à la cantine où il compose son plateau selon les mêmes gestes au point qu’un flacon de sauce déplacé manque de gripper le rouage des habitudes. On le voit rejoindre sa chambre où il lit le livre de Soljenitsine, "Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch", démarrer sa voiture pour se rendre à son travail.
Elle, cuit des omelettes à un œuf, compose des barquettes, épluche des pommes de terre et rejoint sa chambre où elle déjeune d’un sandwich et d’un jus de fruit. Les épaules prises dans un vêtement chaud, elle effectue les va et vient entre la cantine et sa minuscule chambre où elle se tient le plus souvent assise au sol dans une position fœtale.
A la description de ces scènes sans cesse répétées et qui ne présentent, prises séparément, aucun intérêt narratif, on pourrait craindre un film ennuyeux, statique. Le film, sauf au moment des scènes finales, est statique et totalement muet. Cependant, il exerce une sorte de fascination qui tient à son rythme répétitif qui met le spectateur en attente de ce qui ne peut pas ne pas se produire, la rencontre, le face à face des deux personnages. Mais la rencontre elle-même, au moment où elle se produit laisse dans une incertitude qui renvoie aux scènes précédentes dans lesquelles on cherche un indice qui indiquerait si oui ou non, cet homme et cette femme attirés l’un par l’autre savaient qui ils étaient…
Une œuvre étrange, très prenante et aboutie, à déconseiller cependant aux amateurs de thrillers…
Francis Dubois

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