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Un film de Stephan Komandarev (Bulgarie-Allemagne-Slovénie-Hongrie-Serbie)

"The world is big" Sortie en salles le 16 juin

Jeune ressortissant Bulgare, Alex a toujours vécu en Allemagne. A la suite d’un accident de voiture, il est devenu amnésique et végète à l’hôpital, dans l’attente d’une hypothétique guérison. Son grand père est certain qu’un voyage dans son pays d’origine lui rendra la mémoire… Au bout de ce long périple a travers l’Europe qu’ils entreprennent en tandem, en même temps qu’il renouera avec ses racines, Alex parviendra-t-il à lever le voile sur sa vie passée ?
Il est des moments au cours d’une vie où des questions surviennent. Elles portent sur les origines, les racines, sur le fil des événements qui ont jalonné l’existence, sur le chemin parcouru et sur celui qui reste à parcourir et ce sont ces questions-là auxquelles Alex voudrait trouver réponse au moment où il se heurte au trou noir de sa mémoire. Ce que lui propose son grand père en l’entraînant dans l’aventure de ce voyage c’est d’une certaine façon, le processus inverse, remonter d’abord à ses origines, à ses racines et, à partir de là, en arriver au questionnement.
Bai Dan, le grand père, est celui qui a les réponses et la vraie proposition qu’il fait à Alex c’est de devenir son apprenti, l’apprenti d’un savoir qu’il a acquis au bout d’une longue expérience de vie. Il n’a pas prémédité ce voyage. La nécessité de retourner en Bulgarie s’est imposée à lui par la voie de l’instinct et il a d’abord pensé que son petit fils tirerait plus de bénéfice du grand air du voyage qu’à séjourner dans un établissement médical livré aux perspectives aléatoires d’un médecine à laquelle il ne croit pas vraiment.
Deux éléments insolites marquent le périple : le tandem, véhicule qui va les conduire au cours d’une partie du voyage à la fois symbole de contrainte et de totale liberté, donne au voyage un caractère archaïque, désuet et le Backgammon, jeu de société ancien, dont le grand père est un fervent et qui continue à se pratiquer dans les Balkans, qui fonctionne sur un rituel, se charge d’une véritable philosophie et engendre dans les cafés où il se pratique une atmosphère particulière.

L’originalité du film tient à ces supports qui appartiennent à l’univers de Bai Dan. Bai Dan dont Stephan Komandarev se garde bien de faire un personnage trop truculent. Les débordements vers lesquels il tend se trouvent sans cesse bridés par l’émotion, la sensibilité qu’il exprime face à un petit fils diminué par son handicap. Les deux forment un tandem infiniment attachant quand ils révèlent à la fois leur parenté, leur attachement l’un à l’autre et leur totale dissemblance.
On pourra trouver certaines articulations du scénario opportunistes et déceler dans la narration un certain angélisme mais "The world is big" relance sans cesse l’intérêt par là où il pourrait pêcher, son immense générosité mais aussi par les atmosphères singulières qui ponctuent le voyage.
Francis Dubois

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