Actualité théâtrale

Théâtre Gérard Philipe – Centre dramatique national de Saint-Denis jusqu’au 20 avril.

« Onéguine » d’après « Eugène Onéguine » d’Alexandre Pouchkine Mise en scène Jean Bellorini.

«  Eugène Onéguine  », roman en vers et grand classique de la littérature russe a été écrit par Alexandre Pouchkine entre 1821 et 1831.

Dans cette œuvre, Pouchkine raconte l’histoire d’un jeune homme parti au chevet d’un vieil oncle mourant et qui, à la mort de ce dernier, hérite d’un domaine où il s’installe pour échapper à la vie mondaine de Petersbourg. Onéguine mène dans sa nouvelle demeure une vie solitaire et languissante jusqu’au jour où il rencontre Lenski, un jeune poète qui vit dans la maison voisine et avec qui il noue une amitié. Lenski révèle à Onéguine sa passion pour Olga, son amie d’enfance.

Ensemble ils sont invités chez la famille de la jeune fille et à cette occasion, Onéguine rencontre Tatiana, la sœur aînée d’Olga à la beauté sauvage et froide.

Théâtre : Onéguine

Dans ce texte poétique écrit en octosyllabes évoluent des personnages d’une grande pureté, bercés de rêves et d’ennui. S’y entremêlent les sentiments qui les occupent, la mélancolie d’Onéguine, le tourment de Tatiana, la passion de Lenski et la naïveté d’Olga. Tissé de mélancolie, de romantisme, d’ironie et de drame, le récit d’Onéguine poursuivra la ligne d’un romantisme enflammé jusqu’à un duel fratricide et au constat d’amours perdues.

Dans un dispositif scénique bi-frontal, Jean Bellorini a imaginé une mise en scène minimaliste pour mieux mettre en valeur le texte de Pouchkine et laisser tout son champ à la poésie dont il est pétri. Cinq comédiens-conteurs se partagent le texte d’une grande partie du roman que le public reçoit par le biais de casques, une création sonore qui vient soutenir le dédoublement de la voix poétique et permet une transmission au plus proche de l’intime.

Plutôt que mise en scène, la mise en espace virtuose de Jean Bellorini teintée d’humour et d’émotion est soutenue dans sa délicate fragilité par des acteurs magnifiques qu’on sent rompus à un travail de troupe et qui donnent à ce « déferlement d’octosyllabes » d’une grande pureté d’écriture, toute la passion qui enflamme les « jeunes cœurs » du récit.

D’où vient que ce travail qui se limite à la restitution lue d’un texte si beau soit-il, sans effet de mise en scène, sans le support d’un décor, nous passionne et opère une vraie fascination.

La magie est dans l’intelligence de l’adaptation, dans sa retenue, le bridage du lyrisme, dans l’audace et la discrétion d’une trompeuse absence de mise en scène et dans le talent de conteurs des interprètes.

Magnifique. Magique....

Francis Dubois

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 13 70 00
Réservation@theatregerardphilipe.com
Théâtre Gérard Philipe Centre dramatique national de Saint-Denis 59 boulevard Jules Guesde
93 200 Saint-Denis.

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Crise de nerfs »
    Peter Stein a choisi de mettre en scène trois courtes pièces de Tchekhov et de confier à Jacques Weber le rôle principal. Le metteur en scène a choisi de commencer par la pièce la plus sombre, qui... Lire la suite (26 septembre)
  • « Diane self portrait »
    Diane Arbus (1923-1971) est une figure majeure de la photographie de rue du XXème siècle. Fille de commerçants aisés juifs new-yorkais, elle a rencontré à quatorze ans celui qui devint son mari Allan... Lire la suite (25 septembre)
  • « Contrebrassens »
    Une femme qui chante Brassens cela surprend et enchante, quand elle a la malice et la grâce féminine que célébrait le grand Georges. Très inspirée par les textes et les mélodies du chanteur, car on... Lire la suite (25 septembre)
  • « Mademoiselle Julie »
    La pièce d’August Strindberg a été montée plusieurs fois la saison passée, pourtant on a l’impression de la redécouvrir chaque fois au gré des adaptations et des interprétations, tant elle est riche et... Lire la suite (19 septembre)
  • « L’Amérique n’existe pas »
    Un homme, bien seul au milieu de cartons plus ou moins bien empilés, se lance dans un monologue. Il raconte des histoires, il fait naître des personnages comme cet homme qui ne monte jamais dans un... Lire la suite (18 septembre)