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Un film de Saar Klein (USA)

"Things people do" Sortie en salles le 18 février 2015.

Bill a tout pour être un homme heureux. Une épouse aimante et charmante, un beau-père généreux et deux jeunes garçons qui ont l’enthousiasme et la vivacité de leur âge.

Au moment où il a emprunté une forte somme d’argent pour faire construire une piscine dans le jardin de la luxueuse villa, il se retrouve subitement au chômage, les méthodes avec lesquelles il mène les enquêtes pour la compagnie d’assurance qui l’emploie étant jugées obsolètes par sa hiérarchie.

Bill ne souffle mot de son licenciement à sa femme et, pour garder le train de vie auquel la famille était habituée, il commet presqu’accidentellement un premier hold-up.

Une autre fois, sa démarche sera plus préméditée.

Le hasard veut, qu’alors qu’il entre de plain-pied dans l’illégalité, il se lie d’amitié avec un policier, ancien collègue de son père…

Cinema : Things people do

Pour conduire un récit plutôt conventionnel, Saar Klein fait le choix d’une démarche cinématographique inattendue, qui vient presque en contraste avec le sujet. Et c’est ainsi qu’à partir d’un motif souvent traité au cinéma (l’homme qui perd son travail, tait son licenciement à son entourage, tente de maintenir le même train de vie que quand il était en activité…), il réalise un film dont l’essentiel, s’il ne se départit jamais d’un certain réalisme, repose sur un esthétisme qui vient en adoucir et en troubler les contours.

S’il ne touche pas aux séquences des hold-up, s’il leur laisse toute leur violence, s’il donne à tous les moments de la vie familiale une tonalité presqu’angélique mais chaleureuse, il glace ici et là sa narration avec des décors intérieurs froids et irréprochables et fait de l’épouse de Bill une sorte de gravure de mode toujours impeccable, presque irréelle.

Mais quand la caméra prend un peu de recul on découvre que cette confortable habitation est située dans un endroit désertique, presqu’ingrat, à la périphérie de la ville et de l’aridité du paysage immédiat se dégage une sorte de malaise.

La progression narrative chaotique qui peut être proche du récit initial mais qui peut tout autant s’en éloigner, finit par donner un récit décalé dont on se demande jusqu’à la fin, jusqu’où il va mener.

Le film tourne autour de cette piscine objet de tous les plaisirs et de tous les déboires. Cette piscine dont l’eau limpide se troublera au fur et à mesure de l’histoire, qui deviendra nauséabonde et qui, pour finir disparaîtra sous une sorte de revêtement imitant le gazon

Parfois, la photographie tombe dans l’esthétisme, dans une application digne d’un exercice de style.

Est-ce regrettable ou au contraire cela vient-il s’ajouter à l’énigme pour renforcer la part de mystère qui subsiste même quand tout est devenu clair ?

Francis Dubois

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