Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Dome Karukoski (Finlande)

« Tom of Finland » Sortie en salles le 19 juillet 2017.

Touko Laaksonem qui se comporta en vaillant officier pendant la seconde guerre mondiale, est de retour en Finlande.

Mais la vie à Helsinski n’est pas facile pour les homosexuels qui sont à ce point persécutés qu’ils sont contraints, pour détourner les soupçons, de se marier et d’avoir des enfants.

Touko Laaksonem qui travaille pour un société de publicité se réfugie dans l’art et dessine dans le plus grand des secrets des hommes moulés dans leurs vêtements, musclés, désinhibés et fiers d’afficher leur homosexualité.

« Tom of Finland » retrace la vie d’un homme en avance sur son temps luttant contre un monde qui lui interdit d’être lui-même et de vivre librement sa vie habitée de fantasmes.

Touko Laaksonem va, à sa façon, grâce à son art, devenir un artiste de plus en plus reconnu et par la reconnaissance de son talent, permettre d’amorcer un changement de mentalité dans le monde.

Cinéma : Tom of finland

Après avoir lu différents ouvrages parus sur le vie de Tom of Finland et y avoir décelé un potentiel cinématographique, le projet se précise de réaliser un film.

En 1991, après sa mort, est sorti un documentaire de Ilpo Pohjola mais il faudra attendre vingt-cinq ans pour que soit financé et réalisé un long métrage sur sa vie.

La particularité de l’histoire de Tom et de son œuvre est de donner une image virile de l’homosexualité. Touko Laaksonem ne s’est-il pas lui-même comporté en héros pendant la seconde guerre mondiale ?

Dans une première partie du film qui relate la période où règne l’interdiction de se manifester en tant qu’homosexuel, l’image du film est sombre et l’atmosphère est froide.

Dans la deuxième partie, quand une certaine liberté des mœurs s’annonce, le film se colore et les personnages passent de l’ombre à la lumière.

Longtemps, le dessinateur qui travaillait le jour dans une agence de publicité, a dessiné la nuit en secret et c’est à Los Angeles qu’il a pu, par la suite, dessiner pendant la journée et apparaître dans la lumière.

En 1956, Tonko Laaksonem propose ses dessins secrets à un magazine de culturisme américain sous de pseudonyme de Tom. La couverture de ce numéro de « Physique Pictorial » représente le dessin d’ un bûcheron signé Tom of Finland.

Dès lors, la demande pour ce que Tonko appelle ses « dessins cochons » prend un essor mais ce n’est qu’à partir de 1973 que son crayon lui permet de gagner sa vie. Sa représentation de l’érotisme homosexuel reste à ce jour inégalée.

Dome Karukoski compte parmi les plus grands réalisateurs de cinéma finlandais. Il a réalisé avec « Tom of Finland » un film qui s’attache à un personnage qui est à la fois un héros et qui longtemps n’aura de cesse que d’officialiser ses penchants sexuels.

L’œuvre est d’une grande rigueur tant par la construction que dans la peinture de l’homosexualité à l’époque de l’après-guerre. Dome Karukoski déjoue tous les pièges qui menaçaient un tel sujet et les quelques scènes érotiques y sont traitées avec beaucoup de pudeur tout comme les scènes de filature et de drague.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Rencontrer mon père »
    Aujourd’hui Alassane Diago, est devenu un adulte, réalisateur de films. Il décide d’aller à la rencontre de son père qui les a abandonnés, sa mère et lui, sans avoir crié gare, les laissant subitement... Lire la suite (15 février)
  • « The raft »
    En 1973, six femmes et cinq hommes tentés par l’expérience, embarquent sur un radeau et sillonnent à son bord, cent un jours durant, l’Océan Atlantique. Ils sont les cobayes volontaires d’une... Lire la suite (10 février)
  • « Long way home »
    A sa sortie de prison, Angel dix huit ans, retrouve sa jeune sœur Abby, placée dans une famille d’accueil à la suite de l’assassinat de leur mère. Le drame qui les a séparées a laissé chez les deux... Lire la suite (10 février)
  • « Le silence des autres »
    1977. Deux ans après la mort de Franco, dans la précipitation de la transition démocratique, l’Espagne vote une loi d’amnistie générale qui a un double effet : la libération des prisonniers politiques... Lire la suite (9 février)
  • « Moi, maman, ma mère et moi »
    Coincé dans l’Eurostar, Benoît a raté l’enterrement de sa mère. C’est donc les obsèques passées et en piteux état que ce jeune homme lunaire rejoint la maison familiale où il retrouve son frère et ses deux... Lire la suite (9 février)