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Un film de Céline Sciamma (France)

"Tomboy" Sortie en salles le 20 avril 2011

Laure, une gamine de dix ans, est ce qu’on appelle dans le jargon courant, un garçon manqué. Elle se présente à ses nouveaux amis, dans le quartier où sa famille vient de s’installer comme un garçon et sous le prénom de Michaël.
"Tomboy" est le récit de cet engrenage que Céline Sciamma a choisi de traiter à plat, avec un grand souci d’économie dans la narration, selon une suite de scènes ou Laure est confrontée à son mensonge et où, à tout instant, la vérité menace d’éclater.
On a du mal à attribuer "Tomboy" à la jeune cinéaste qui réalisa "La naissance des pieuvres" il y a quatre ans. Rien de ce qu’elle promettait avec ce film singulier et inventif n’existe ici.
La véritable histoire de ce second film pourrait tout aussi bien prendre fin au tout début, quand, alors que la masculinité du personnage ne fait aucun doute, on voit sortir de la baignoire un corps de fillette.
Les épreuves de la baignade en groupe, du jeu de la vérité ou du flirt avec la copine amoureuse du faux garçon qui menacent à chaque fois de révéler la supercherie, ne sont pas faites pour nourrir efficacement le sujet qui, du coup, ne décolle jamais de l’anecdote.

En vue de la baignade collective, Laure se fabrique un phallus en pâte à modeler et malgré les ébats aquatiques, l’appendice se sera maintenu à sa place. On aurait pu en rester là mais la gamine prévoyante, conservera l’accessoire dans la boite secrète qui contient déjà ses dents de lait.
On pourrait aussi se poser la question de savoir si des enfants de dix ans jouent, en 2010-11, au jeu de la vérité ou s’il existe des familles qui, comme celle de Laure, baignent dans une si totale et parfaite harmonie
Ici, le père est un homme zen, père aimant, mari amoureux, et la mère coule, étendue sur un sofa, une grossesse de rêve. La petite sœur, véritable chien savant au début, est parfaite de compréhension quand elle découvre le pot aux roses et si touchante quand elle décide de faire son meilleur ami de Michaël, le double inventé de sa sœur.
Qui pourrait espérer mieux ?
Dans "La naissance des pieuvres" les trois filles agissaient seules et les personnages des parents n’existaient pas. Ils existent dans "Tomboy" mais si peu, à peine esquissés sinon dans le stéréotype et l’angélisme, qu’on en voudrait presque à Celine Sciamma, si on voulait la charger encore, d’avoir si pauvrement utilisé deux comédiens rares et épatants en d’autres circonstances : Sophie Cattani et Mathieu Demy.
Francis Dubois

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